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Haro sur les fonds à frais dégressifs

25 mai 2011 | Commenter

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pourcent_cube_proportion_425« Il existe une pratique malsaine qui doit cesser dans le secteur du placement. À ma connaissance, elle n’est pas illégale, mais elle devrait l’être. Elle consiste à vendre des fonds communs à frais dégressifs dans le seul but de générer des commissions. »

C’est en ces mots que Ted Rechtshaffen, président de la firme torontoise Tridelta Financial Partners, relance un vieux débat qui a défrayé la manchette par le passé.

Le chroniqueur au quotidien The Globe and Mail décrit comment des conseillers s’organisent pour vendre vendent des fonds à frais dégressifs calculés sur une période de sept ans, par exemple. Ce faisant, ils piègent ces clients, selon lui, car si ces derniers vendent leurs parts au cours des sept premières années de détention, ils devront payer des frais de sortie. Certes, ces frais diminuent graduellement au fil du temps, mais il faut attendre sept ans pour qu’ils atteignent 0 %.

Si ces clients liquident leurs fonds à compter de la huitième année ou après, la société de fonds communs ne leur facturera rien.

Au fait, quel est l’intérêt de vendre des fonds à frais dégressifs? C’est que, au moment de la transaction, les représentants empochent une importante commission, jusqu’à 5 % du montant investi, estime Ted Rechtshaffen. Ensuite, ils perçoivent une commission annuelle de suivi. Ils s’en sortent donc gagnants deux fois plutôt qu’une.

Quand la période de sept ans tire à sa fin, ces représentants incitent leurs clients à acheter d’autres fonds à frais dégressifs, sous prétexte que leur situation financière a changé, que les marchés se sont transformés, etc. En réalité, dit-il, le but est de relancer le processus de commissions. « Si vous croyez que votre conseiller s’adonne à cette pratique, congédiez-le », tranche Ted Rechtshaffen.

Il en profite pour dénoncer une variante de cette activité. En effet, de nombreux fonds à frais dégressifs permettent aux détenteurs de parts de retirer chaque année, et sans frais, un maximum de 10 % des sommes qu’ils y ont investies. Cette disposition est avantageuse pour les épargnants qui peuvent ainsi réduire une éventuelle facture en cas de sortie prématurée de leurs fonds.

« Si les représentants recommandent à leurs clients d’acheter avec cet argent des fonds sans frais d’entrée, ils font une bonne chose. Mais s’ils leur conseillent de se procurer des produits à frais dégressifs, ils les coincent encore », explique Ted Rechtshaffen.

Le chroniqueur conclut son exposé en affirmant que les épargnants ne devraient jamais investir dans des fonds à frais dégressifs. « On trouve d’autres versions des mêmes fonds qui offrent davantage de souplesse », note-t-il. De plus, en achetant des fonds sans frais ou à frais d’entrée, on s’assure que les représentants ne seront pas tentés de multiplier les opérations afin d’encaisser des commissions.

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