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Économie

Haute fréquence : les confidences d’un ancien courtier

21 août 2013 | La rédaction | Commenter

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Les transactions à haute fréquence représentent déjà 50 % de toutes les transactions boursières aux États-Unis, selon la firme Rosenblatt Securities. Ce sont des algorithmes programmés dans des ordinateurs, et non des personnes, qui prennent toutes ces décisions d’achats et de ventes.

Un récent reportage du réseau CNN jette une lumière sur ce secteur d’activité en pleine expansion. Un ancien trader, David Laueur, relate son expérience comme spécialiste en transactions à haute fréquence.

M. Laueur était à son poste lors du « flash-crash » en mai 2010, alors que le Dow Jones a chuté de plusieurs centaines de points pendant quelques minutes sans raison apparente. « Nous avons vu le marché littéralement disparaître pendant une minute, affirme-t-il. Cela m’a fait réaliser que ce que nous faisions n’était pas bon pour le marché. Contrairement aux arguments souvent utilisés, nous n’améliorons pas le marché ou nous ne le rendons pas plus efficient », dit-il.

David Laueur a travaillé pour la firme Citadel, spécialisée en transactions à haute fréquence. À elle seule, cette firme exécute environ 14 % de toutes les transactions boursières aux États-Unis. Elle traite notamment tous les ordres passés par les clients du courtier en ligne TD Ameritrade.

Cerveaux recherchés
« Lorsque j’ai été assis à un desk de transactions à hautes fréquences, le gars à côté de moi avait un doctorat en bio-informatique. De l’autre côté, la personne avait un doctorat en sciences du climat de Harvard, et celui derrière moi concevait auparavant des semi-conducteurs pour Intel. Et nous voilà qui travaillons tous à un poste de transactions à haute fréquence », relate M. Laueur.

« Le marché existe pour deux raisons : d’une part, pour trouver le meilleur prix disponible, et d’autre part, pour permettre de rassembler du capital. Le marché n’est pas là pour que des génies des mathématiques puissent faire de l’argent », croit maintenant M. Lauer.

Marchés hors-Bourses
Les firmes comme Citadel profitent du fait que de plus en plus de marchés parallèles se sont développés pour négocier les titres. Lorsqu’un client tape un ordre, les ordinateurs de Citadel décident instantanément s’ils veulent exécuter l’ordre à l’interne, le diriger vers l’une des treize places boursières officielles aux États-Unis, ou encore le diriger vers un des cinquante systèmes de transactions parallèles disponibles. La firme garantit à l’investisseur individuel qu’il obtient le meilleur prix possible, mais seulement en se référant aux Bourses officielles. C’est grâce aux systèmes parallèles que la firme dégage une marge de manœuvre.

À long terme, cette tendance nuit au bon fonctionnement des marchés. « Dans un marché, quand une trop grande proportion des ordres entrants sont exécutés à l’extérieur des Bourses officielles, cela vient dissuader les intervenants de placer de nouveaux ordres », explique M. Laueur. L’ancien courtier cite en exemple la réglementation canadienne, qui tente de s’attaquer à ce problème. En juillet dernier, l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilière (OCRCVM) a annoncé qu’il resserrait les règles sur la négociation électronique par des tiers.

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