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Hypothèque : les Canadiens remboursent à un rythme record

16 octobre 2014 | La rédaction | Commenter

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Les Canadiens remboursent actuellement leurs prêts hypothécaires à un rythme record, ce qui réduit considérablement le risque d’un défaut de paiement en cas de hausse des taux d’intérêt, conclut un rapport publié hier par Marchés mondiaux CIBC.

Non seulement les ménages ont résisté à la tentation que représentent des taux peu élevés, mais ils les ont utilisés pour accélérer leurs paiements, se réjouit Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la Banque CIBC.

« Malgré un marché du travail léthargique et un taux de chômage encore trop élevé au goût de la Banque du Canada [BdC], le pays a rarement affiché une aussi bonne performance au chapitre du service de la dette », ajoute-t-il.

Temps d’amortissement moyen : 20 ans

D’après le rapport, les propriétaires tirent parti de la faiblesse prolongée des taux d’intérêt pour réduire volontairement leurs périodes d’amortissement. Ainsi, selon les estimations de Benjamin Tal, la période d’amortissement moyenne sur le marché hypothécaire national serait maintenant plus près de 20 ans que de l’hypothèse implicite de 25 ans utilisée par la BdC dans ses calculs.

À terme, cela contribuera à rendre le marché hypothécaire canadien plus stable, affirme Benjamin Tal. Si les taux devaient augmenter, les propriétaires reviendraient simplement à leur période d’amortissement normale.

« Les ménages canadiens remboursent 11 G$ de plus par an que ce qui est officiellement comptabilisé, explique l’économiste. Ce montant supplémentaire est suffisant pour absorber les 100 premiers points de base d’une hausse du taux hypothécaire effectif, les ménages n’ayant qu’à réamortir leurs prêts hypothécaires pour compenser l’augmentation des paiements. »

Ratio du service de la dette : 7,3 %

L’étude de la CIBC indique que, pour l’ensemble du marché hypothécaire national, le ratio du service de la dette, qui représente le coût d’un prêt hypothécaire en proportion du revenu disponible, se situe à 7,3 %, soit un point de pourcentage de plus que le ratio actuel de 6,3 % officiellement indiqué par la BdC.

Même pour les prêts hypothécaires à ratio élevé, le risque de défaut de paiement semble mince, conclut la CIBC.

En effet, « l’analyse du rapport prêt-garantie des prêts hypothécaires à ratio élevé permet de constater que la situation a très peu changé au cours des dernières années, la proportion de prêts hypothécaires associés à un rapport prêt-garantie de plus de 80 % ayant en fait reculé de cinq points de pourcentage depuis 2009 ».

La cote de crédit en hausse

De même, le pourcentage de ménages qui consacrent plus de 40 % de leurs revenus au service de la dette est demeuré relativement stable, à un peu plus de 6 % depuis 2008.

Enfin, observe Benjamin Tal, la cote de crédit moyenne au pays suit une tendance à la hausse depuis les cinq dernières années, la progression pouvant être observée dans l’ensemble des régions et des groupes d’âge.

De plus, la proportion de crédit à risque élevé est demeurée pratiquement inchangée, à près de 10 % des nouveaux comptes, et elle ne représente que 3,5 % du total des nouveaux prêts hypothécaires.

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