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Il a inventé le guichet automatique… et ça lui a rapporté 20 $!

6 mai 2016 | La rédaction | Commenter

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ATM_guichet_automatique_argent_distributeur_425Un Britannique affirme être à l’origine du guichet automatique et du premier numéro d’identification personnel (NIP), mais n’en avoir retiré aucun bénéfice, relate The Guardian.

La vie est injuste! Le créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, possède aujourd’hui un pactole estimé à 61 G$. James Goodfellow a lui aussi inventé quelque chose que des millions de gens utilisent chaque jour tout autour de la planète : le distributeur automatique de billets. Mais cela ne l’a pas rendu riche. Alors que l’invention célèbre son cinquantième anniversaire, l’homme de 79 ans révèle avoir touché 20 dollars pour le brevet, et pas un cent de plus depuis.

« Imaginez comment je me sens lorsque je vois des banquiers toucher des millions de dollars de bonis, confie-t-il. Je me demande s’ils contribuent plus à l’avancée de l’industrie que je ne l’ai fait. Ça n’a vraiment aucun sens, mais ainsi va le monde. »

Alors que Zuckerberg dispose de plusieurs millions de dollars de propriétés en Californie, à New York et à Hawaï, Goodfellow vit quant à lui dans un trois pièces dans la petite ville écossaise de Paisley. Mais ce n’est finalement pas l’argent qu’il n’a pas gagné qui le rend le plus amer, c’est de ne pas être reconnu.

Depuis de nombreuses années, on s’interroge sur la personne qui devrait obtenir le titre d’inventeur du distributeur. En 2005, un homme répondant au nom de John Shepherd-Barron l’avait en effet remporté… avant que le gouvernement britannique ne le décerne sans équivoque à  Goodfellow. Il semble donc que sa place dans l’histoire lui soit maintenant assurée.

NIP ET CARTE EN PLASTIQUE

Retour dans les années 1960. Goodfellow travaillait alors en tant qu’ingénieur de développement pour Kelvin Hughes, une entreprise de Glasgow, en Écosse. Sa mission : trouver le moyen de permettre aux gens de retirer de l’argent la fin de semaine, alors que les banques étaient fermées.

« Les gens qui travaillaient en semaine ne pouvaient pas se rendre à leur banque et ils cherchaient une solution, rappelle-t-il. Il fallait inventer une machine qui puisse reconnaître un client et lui délivrer des billets. J’ai alors imaginé le distributeur et le NIP, associé à un objet. »

Cet objet a pris la forme d’une carte en plastique. Très vite, des prototypes ont été fabriqués. En 1967, les premiers modèles de distributeurs ont été mis en place dans des succursales de la Banque de Westminster (aujourd’hui NatWest). Au même moment, Shepherd-Barron a lui aussi inventé une machine, mais celle-ci ne fonctionnait pas avec une carte. Certes, son système a été le premier à être installé – un mois avant la machine de Goodfellow -, mais plus complexe, celui-ci n’est pas passé à la postérité.

La rivalité entre les deux hommes a explosé lorsque Shepherd-Barron a été honoré pour sa trouvaille.

« Mon erreur a été mon humilité, reconnaît Goodfellow. Je n’ai jamais rien dit avant que John Shepherd-Barron ne reçoive cet honneur en 2005. J’en ai eu le souffle coupé et ma tête cognait. Entre 1966 et 2005, je me suis tu, ce qui a été une grossière erreur. »

Le distributeur de billets a aujourd’hui conquis le monde et rien – pas même le bitcoin, la technologie mobile ou le paiement par carte de crédit – ne semble le mettre en péril. Aujourd’hui, il y a trois milliards de guichets automatiques autour de la planète et les analystes en prévoient quatre milliards d’ici 2020.

UN HOMME HEUREUX

Si Goodfellow admet ne pas être le seul à avoir imaginé la machine en elle-même, il affirme avoir mis en place le système lui permettant de fonctionner.

« Les frères Wright n’ont pas inventé le concept de voler – tout le monde a tenté de le faire -, argue-t-il. Mais ils ont été les premiers à réussir et tous les reconnaissent aujourd’hui comme les inventeurs de l’avion. Je crois donc que je devrais être moi-même reconnu comme l’inventeur du guichet automatique. »

C’est ce qui est en train de se passer. Le ministère britannique de l’Intérieur le reconnaît officiellement comme tel dans la dernière édition de son guide intitulé La vie au Royaume-Uni, qui dresse notamment la liste des inventions britanniques. Après toutes ces années, Goodfellow apparaît finalement aux côtés de gens tels que John Logie Baird (inventeur de la télévision), Alan Turing (la machine de Turing), Frank Whittle (le moteur à réaction) et Tim Berners-Lee (Internet).

Interrogé sur ce qu’il avait fait des 20 dollars qu’il avait gagné à l’époque avec son invention, Goodfellow a répondu les avoir claqués lors d’une soirée mouvementée… ajoutant que ça n’avait pas changé sa vie, mais qu’il avait été heureux de faire son travail.

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