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Il est essentiel d’expliquer les frais de gestion

15 mars 2016 | Yves Bonneau | Commenter

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Logo_Conseiller_15ans_425• Ce texte est paru dans l’édition d’avril 2002 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
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Le ratio de frais de gestion n’a plus de secret pour vous depuis votre cours sur les valeurs mobilières, mais les chances que votre client soit conscient de l’incidence à long terme des frais de gestion sur son portefeuille sont faibles.Cela ne veut pas dire qu’il faut balayer la question sous le paillasson!

Les conseillers savent depuis toujours que le ratio des frais de gestion (RFG) d’un fonds commun de placement correspond aux frais et aux dépenses acquittés par celui-ci, qu’il est exprimé en pourcentage de l’actif du fonds et que ces frais sont prélevés sur l’actif du fonds avant la publication des taux de rendement de ce fonds.

On ne pourrait en dire autant de plusieurs de leurs clients…

Un grand nombre d’épargnants ne connaissent toujours pas ce que sont les coûts rattachés à l’exploitation d’un fonds commun de placement. Plus précisément, ils ne savent pas ce qu’on entend par «frais de gestion» et la façon dont ces frais s’appliquent à un fonds commun de placement. Pourtant, les frais de gestion exigés par une société de fonds constituent l’un des éléments importants à considérer pour le choix d’un fonds. Et les sociétés de fonds de placement sont tenues de divulguer aux épargnants tous les frais qui se rattachent à un fonds donné. Mais, dans la masse d’informations qu’elles communiquent, certains chiffres sont plus importants que d’autres, et c’est au conseiller que revient la responsabilité d’expliquer (annuellement?) les tenants et aboutissants de ces frais.

Évidemment, comme pour toute entreprise commerciale, l’activité des sociétés de FCP entraîne nécessairement des frais, incluant des frais de gestion et des frais d’exploitation. Avec le temps, ces frais peuvent avoir une implication non négligeable sur le rendement d’un placement. Il va sans dire qu’un fonds ayant un RFG assez élevé devra aussi obtenir un rendement plus élevé sur le marché qu’un fonds semblable, mais dont le RFG est moins élevé.

Sachant que tous les FCP prélèvent de tels frais, qui sont imputés au fonds continuellement, sans égard au rendement de celui-ci, le conseiller qui informera d’entrée de jeu son client de l’effet de ces frais rendra un meilleur service à son client que celui qui le négligera.

Même s’il est possible pour l’investisseur de vérifier si le RFG d’un fonds est supérieur ou inférieur à celui d’autres fonds ayant des styles et des objectifs de placement semblables, il est loin d’être acquis qu’il a tous les éléments nécessaires pour bien comprendre ces chiffres.

De plus, l’élément central de la publicité de plusieurs sociétés de fonds communs a été et est toujours le rendement, ce qui n’est rien pour aider l’investisseur à s’y retrouver. En effet, combien de ces publicités indiquent s’il s’agit de rendements bruts ou nets? Le conseiller a donc un rôle primordial à jouer en matière d’éducation des investisseurs. D’ailleurs, de nombreux conseillers ont décidé d’exploiter ce créneau à fond, convaincus que leurs clients en bénéficieront à long terme.

C’est du reste avec l’avènement des fonds négociés en Bourse que le paysage des RFG a été chamboulé. Pourquoi? Les FNB demandent des frais de gestion lilliputiens comparativement aux fonds communs traditionnels, et de plus en plus d’investisseurs et de conseillers tiennent désormais compte de cette réalité.

C’est à nos voisins du Sud que l’on doit cette tendance. Nos compatriotes du reste du pays ont également suivi le mouvement. Plusieurs articles dans la presse grand public et spécialisée ont traité abondamment de l’incidence des RFG sur le portefeuille d’un investisseur. Résultat : un nombre considérable de clients sont aujourd’hui sensibilisés à cet important facteur de rendement.

Il semble toutefois que les investisseurs québécois soient moins bien informés sur la question que leurs compatriotes anglophones. En effet, depuis les deux dernières années seulement, 11 articles ont été publiés au pays en français, et six fois plus en anglais. Du côté des sites Internet financiers, ceux qui traitent des RFG ne sont pas légion non plus. Mais les choses changent. Par exemple, le site Web de Barclays Global Investors (www.iunits.com) affiche depuis environ deux mois une calculatrice de RFG; les résultats avantagent bien sûr les FNB, mais, plus important encore, ils pourraient profondément déplaire à certains de vos clients qui vous auront devancé.


• Ce texte est paru dans l’édition d’avril 2002 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
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Yves Bonneau, rédacteur en chef
yves.bonneau@objectifconseiller.rogers.com

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