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Bientôt la fin des chèques, croit la Banque Nationale

18 avril 2016 | Julien Arsenault, La Presse Canadienne | Commenter

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Louis Vachon, PDG de la Banque Nationale. Photo : John Londono

Louis Vachon, PDG de la Banque Nationale. Photo : John Londono

Le temps est venu de mettre fin à l’utilisation des chèques en papier, croit le président et chef de la direction de la Banque Nationale, Louis Vachon.

Conscient que le sujet est sensible, il estime néanmoins qu’il s’agit d’un «débat de société intéressant».

«Cela s’est fait en Suède et en Belgique, mais pas en Angleterre», a expliqué en entrevue M. Vachon, vendredi, en marge de l’assemblée annuelle de la Banque Nationale à son siège social montréalais.

Dans son discours aux actionnaires, il a notamment souligné que l’utilisation des services mobiles de la Banque Nationale avait augmenté de 50% l’an dernier, tandis que l’institution a traité 7% moins de chèques en papier.

«L’argent (papier) et les chèques coûtent cher, a affirmé M. Vachon. C’est difficile d’être rapide et efficace avec des billets de banque et des chèques qui se promènent.»

De plus en plus d’institutions financières offrent la possibilité d’encaisser un chèque grâce à l’envoi d’une photo, un service qui devrait bientôt être disponible à la Banque Nationale.

D’ICI CINQ ANS

M. Vachon a évoqué un horizon de cinq ans pour la disparition des chèques, sans toutefois aller jusqu’à dire qu’il s’agissait d’un échéancier réaliste.

Il a été questionné sur le sujet par un actionnaire de longue date, qui s’est inquiété des répercussions d’un tel scénario pour les personnes habituées à ce type de paiement.

«Entre mes fantasmes et la réalité, il y a souvent de longues périodes, a répondu à la blague le dirigeant de la Banque Nationale. Ce n’est pas pour demain matin.»

L’Association canadienne des paiements travaille actuellement à la préparation d’un document qui devrait contribuer à alimenter le débat, a précisé en entrevue M. Vachon,

À PROPOS DES PANAMA PAPERS

Comme ce fut le cas lors d’autres assemblées de banques canadiennes, le scandale des Panama Papers et l’évasion fiscale ont été abordés à l’initiative du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC).

Questionné à ce sujet, M. Vachon a répondu que la Banque Nationale n’avait jamais eu d’activités au Panama, pays à l’origine de l’éclatement de cette fuite de documents aux répercussions mondiales.

La controverse a fait grand bruit au Canada depuis que le nom de la Banque Royale a été associé à Mossack Fonseca, le cabinet d’avocats panaméen au coeur du scandale.

En matière de paradis fiscaux, la Banque Nationale a été présente aux Bahamas jusqu’en 2007, année où elle a décidé de mettre fin à ses activités dans ce pays, a expliqué M. Vachon.

L’institution exploite une filiale de réassurance à la Barbade, mais celle-ci ne compte aucun employé, ce qui fait en sorte que tous ses revenus sont imposés au Canada, affirme la direction de la Banque Nationale.

Néanmoins, M. Vachon est bien conscient que le sandale des Panama Papers éclabousse l’ensemble du secteur bancaire, faisait ainsi grimper la méfiance à son endroit.

«Je ne suis pas certain qu’on a vu le dernier épisode, a-t-il affirmé. Les gens qui ont réussi à aller chercher l’information des Panama Papers peuvent le faire dans d’autres paradis fiscaux.»

MIEUX ENCADRER LES FINTECHS

Finalement, M. Vachon a également plaidé, à l’instar de son homologue de la Banque TD, en faveur d’un encadrement des FinTechs, ces nouveaux joueurs dans le secteur qui ne sont pas soumis aux mêmes règles que les institutions financières

«Elles peuvent toutefois être des alliées avec qui il est possible de conclure des partenariats», a nuancé le dirigeant de la Banque Nationale.

Il a cité en exemple l’entente conclue aux États-Unis avec le Lending Club, où la Banque Nationale s’est engagée à acheter 300 M$ de prêts.

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