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Immobilier : la Banque du Canada se montre inquiète

9 décembre 2011 | Fabrice Tremblay | Commenter

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La Banque du Canada prévient que l’endettement élevé des ménages pourrait causer des problèmes en cas d’un choc sur l’économie. L’institution fédérale estime aussi que certaines portions du marché immobilier risquent de connaître des baisses de prix, selon l’analyse contenue dans la « Revue du système financier – décembre 2011 ».

Le marché des condos pourrait ainsi subir une correction. « Certains segments du marché national du logement peuvent être plus vul­nérables au recul des prix, notamment celui des immeubles à logements multiples, qui donne des signes de déséquilibre, écrit la Banque du Canada. L’offre de logements en copropriété achevés mais inoccupés est considérable, ce qui semble indi­quer un risque accru de correction sur ce marché », peut-on lire dans le rapport. Plusieurs analystes ont cru déceler que cette affirmation concernait principalement le marché immobilier de Toronto.

Risque pour l’accessibilité à la propriété
La Banque du Canada évalue différents scénarios, en mesurant l’impact qu’ils auraient sur les ménages et sur leur capacité à devenir ou à demeurer propriétaire. Une hausse des taux d’intérêt fait partie de ces scénarios. « Les prix des maisons sont encore très élevés par rapport au revenu. Étant donné que les répercussions négatives des prix élevés des propriétés résidentielles ont été largement compensées par les faibles taux d’intérêt, l’accessibilité serait sensiblement réduite si les taux d’intérêt étaient plus près de leur moyenne historique », est-il écrit dans le rapport.

Les impacts d’un choc sur le marché du travail sont aussi analysés : « une augmentation vive et persistante du taux de chômage restreindrait la croissance du revenu global et ferait que certains ménages auraient plus de mal à rembourser leurs dettes. La confiance des consommateurs, le marché du logement et l’avoir net des ménages canadiens en subiraient également les contrecoups ».

La Banque du Canada s’attarde au niveau de prêts hypothécaires et de prêts à la consommation qui sont en souffrance. Au troisième trimestre 2011, le taux de prêts hypothécaires en souffrance s’est maintenu à des niveaux relativement élevés. Plus précisément, le pourcentage des prêts hypothécaires en souffrance depuis au moins 90 jours par rapport à l’encours total des prêts hypothécaires se situe à 0,5 %. Ce taux n’est pas le plus élevé depuis la crise financière de 2008, mais il se situe au-delà de la moyenne des dix dernières années.

Message aux banques
La première banque du pays souhaite aussi envoyer un message aux banques canadiennes, qu’elle soupçonne peut-être de prendre trop de risques. « Les résultats font une fois de plus ressortir la nécessité pour les banques de peser soigneusement le risque global que présente l’ensemble de leur portefeuille de prêts aux ménages et pour les ménages d’évaluer leur capacité à rembourser leurs emprunts jusqu’à l’échéance », écrit la Banque du Canada.

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