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Immobilier : le marché est surévalué de 20 %, selon Fitch

16 juillet 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Fitch Ratings affirme que le marché immobilier canadien est surévalué de 20 % et estime que le gouvernement fédéral pourrait devoir adopter de nouvelles mesures pour freiner les emprunts sur les domiciles.

Fitch est la deuxième agence d’évaluation étasunienne à sonner l’alarme au sujet des prix des habitations au Canada depuis une semaine, après que Morningstar eut indiqué qu’une correction de 30 % était possible au cours des années à venir.

Ce nouvel avertissement survient alors que l’indice composite national de prix des maisons Teranet-Banque Nationale a augmenté de 0,9 % en juin, par rapport au mois précédent, et de 4,4 % comparativement à la même période il y a un an.

Le gain d’une année à l’autre est le moins important en six mois, mais il demeure deux fois supérieur à l’inflation sous-jacente canadienne et plus élevé que la croissance des revenus.

Les prix étaient de 8,1 % plus élevés à Calgary qu’il y a un an, tandis qu’ils ont augmenté de 7,3 % à Hamilton et de 6,1 % à Toronto et Vancouver.

Bulle ou pas bulle ?

Toutefois, plusieurs marchés d’importance se sont « refroidis ». Ainsi, toujours par rapport à l’an dernier, les prix ont diminué de 1,7 % à Ottawa-Gatineau, de 2,4 % à Québec et de 2,5 % à Halifax.

La possibilité que les prix des habitations puissent chuter lourdement fait l’objet d’un vif débat depuis des années au pays, mais, jusqu’à présent, les prédictions d’un éclatement de la bulle immobilière ne se sont pas matérialisées.

Beaucoup d’économistes, y compris ceux de la Banque du Canada, prévoient un atterrissage en douceur pour le secteur immobilier, avec des hausses des prix, des ventes et des mises en chantier demeurant au même niveau ou diminuant modérément.

Néanmoins, des analystes comme David Madani, de Capital Economics, préviennent que plus la correction tardera à survenir, plus la chute pourrait être rude.

Une mise en garde de Morningstar

Morningstar estimait déjà, il y a quelques jours, que les institutions financières canadiennes représentent un investissement risqué. La raison? La surévaluation du marché immobilier résidentiel au pays.

Selon la firme de recherche en investissements, le déséquilibre atteindrait environ 30 % et le risque d’une baisse brutale des prix des maisons ne peut être exclu.

Dans ces conditions, estime-t-elle, les acheteurs devraient se montrer très prudents.

Cette mise en garde constitue une rupture par rapport au discours rassurant de plusieurs économistes, notamment ceux des grandes banques canadiennes.

En revanche, elle rejoint les préoccupations des experts du Fonds monétaire international, qui redoutent une nouvelle crise mondiale dans le secteur de l’immobilier.


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