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Immobilier : le Québec en période d’ajustement

13 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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Marche_Emergent_Croissance_Construction_Chantier_Route_Gratte_Ciel_Ville_425Malgré un mois de décembre encourageant, le bilan 2015 des mises en chantier montre un essoufflement indéniable du secteur immobilier au Québec.

Les données publiées lundi par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) montrent que la construction de maisons individuelles a atteint « un creux historique » dans la province, tandis que les mises en chantier de copropriétés ont fléchi de plus de 25 % « afin de permettre d’écouler une partie des surplus actuels », souligne Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins.

Seul le segment locatif a affiché une forte croissance l’an dernier, poursuit l’économiste, « et ce, en dépit de la remontée des taux d’inoccupation des appartements ». Résultat, « l’activité des constructeurs s’est déplacée vers le locatif compte tenu de l’engouement moindre pour les copropriétés ».

LE QUÉBEC CONNAÎT « UNE PÉRIODE D’AJUSTEMENT »

Le faible nombre de mises en chantier au Québec en 2015 témoigne d’une période d’ajustement, en particulier pour le marché de la copropriété, juge Hélène Bégin, qui précise que cette évolution « permettra d’assainir graduellement les bases du marché et de réduire les risques d’une chute importante de la construction neuve ».

Enfin, au Canada, la spécialiste estime que « les marchés de Vancouver et de Toronto tardent à s’ajuster » et que « les risques éventuels d’une correction des prix ne font que s’accentuer ».

« Reste à voir si le récent resserrement du gouvernement fédéral concernant la mise de fonds minimale, qui est passée de 5 % à 10 % pour les prêts supérieurs à 500 000 $, permettra de ralentir un peu le marché dans ces deux agglomérations », ajoute-t-elle.

FORTE HAUSSE EN DÉCEMBRE

Le nombre de mises en chantier d’habitations dans les centres urbains du Québec se situait toutefois à 37 432 unités en décembre (en données mensuelles désaisonnalisées et annualisées), une forte hausse par rapport à celui de 28 385 enregistré le mois précédent.

À Montréal, le nombre de nouveaux chantiers a été de 24 161, également en hausse comparativement à celui de 18 732 relevé en novembre. La SCHL attribue cette variation « significative » à une augmentation des logements locatifs dans la métropole.

LE ROC RALENTI PAR TORONTO

Les mises en chantier d’habitations dans le reste du pays ont cependant progressé plus lentement que prévu en décembre, notamment en raison d’un ralentissement dans la construction de copropriétés à Toronto, montrent les données de la SCHL.

Ainsi, les mises en chantier ont concerné 172 965 logements, en données annualisées et désaisonnalisées, comparativement à 212 028 unités enregistrées au mois de novembre. Les économistes misaient plutôt en moyenne sur un taux annualisé de 200 000 logements, indiquaient les prévisions de Thomson Reuters citées par La Presse canadienne.

Globalement, le nombre de nouveaux chantiers dans les centres urbains a chuté de 19,1 % pour s’établir à 159 007 unités.

De leur côté, les chantiers de logements collectifs, qui comprennent les copropriétés, ont plongé de 27 % (soit 101 264 unités), tandis que ceux des maisons individuelles sont restés stables à 57 743 unités.

Dans l’ensemble, la tendance des mises en chantier dans les grandes villes a reculé dans les Prairies, en Ontario et dans le Canada atlantique, tandis qu’elle a progressé en Colombie-Britannique et au Québec.

UN MARCHÉ SURVEILLÉ PAR LES ÉCONOMISTES

Les économistes scrutent à la loupe le marché national de l’habitation, espérant y constater des signes de ralentissement, relève La Presse canadienne.

Interrogée par l’agence, l’économiste Diana Petramala, de la Banque TD, indique pour sa part qu’elle s’attend à ce que les mises en chantier à l’échelle nationale glissent en deçà de la barre des 180 000 logements cette année, après avoir atteint une moyenne de 181 598 en 2015.

« Avec la baisse des mises en chantier de décembre, le niveau de construction de nouvelles habitations est passé d’un rythme trop rapide pour être sain à un rythme plus conforme aux tendances économiques sous-jacentes et aux données démographiques fondamentales », précise la spécialiste.

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