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Insolite : l’Église anglicane embarrassée par certains investissements

30 juillet 2013 | La rédaction | Commenter

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L’archevêque de Canterbury est furieux et embarrassé. Il vient de découvrir que l’Église anglicane d’Angleterre, qu’il dirige, avait investi dans une importante société de prêt sur salaires, contre laquelle il avait précisément déclaré la guerre, rapporte l’Agence France-Presse.

« J’ai été furieux pendant quelques minutes [d’apprendre que l’Église avait investi dans la société Wonga], mais ces choses se produisent », a déclaré Justin Welby, chef spirituel des quelque 85 millions d’Anglicans dans le monde.

« C’est très embarrassant, a-t-il ajouté sur les ondes de la BBC. Nous devons trouver un moyen de comprendre pourquoi cela s’est produit et nous assurer que cela ne se reproduise pas. »

Une enquête indépendante va déterminer comment « ce grave manque de cohérence » a pu survenir, a précisé une porte-parole du bureau de l’archevêque.

Selon Justin Welby, l’Église d’Angleterre a investi indirectement 75 000 livres (environ 120 000 $) dans Wonga. Cette découverte est d’autant plus gênante qu’elle est intervenue quelques heures après que l’archevêque de Canterbury eut affirmé qu’il souhaitait concurrencer cette entreprise en développant des coopératives de crédit sans but lucratif.

Justin Welby a assuré qu’il ne s’en était pas pris spécifiquement à Wonga, mais à l’ensemble des entreprises du secteur spécialisées dans l’octroi de petits prêts (en général moins de 1500 $) à très court terme, et dont l’échéance est fixée à la date de la prochaine paie de l’emprunteur. Wonga propose par exemple des taux d’intérêt équivalant à 5,85 % en termes annuels.

L’Église n’aurait pas dû investir dans Wonga, a reconnu l’archevêque, qui a pris ses fonctions en février après des années dans la finance. « Nous sommes autorisés à investir dans une société dont les bénéfices dans ce secteur sont inférieurs à 25 %, c’est probablement trop élevé », a-t-il estimé.

Selon la politique de l’Église anglicane, il est déconseillé d’investir dans des entreprises qui réalisent plus de 3 % de leurs bénéfices dans la pornographie, 10 % dans la défense et 25 % dans des activités relatives à l’alcool, aux jeux d’argent et impliquant des taux d’intérêt élevés.

Du même souffle, il a admis que l’investissement éthique peut causer des maux de tête à ses administrateurs. « Si vous investissez dans les chaînes hôtelières, nombre d’entre elles proposent de la pornographie dans leurs chambres. Du coup, est-ce que vous n’investissez pas du tout dans ce secteur? La complexité de ce dossier est énorme », a-t-il souligné.

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