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Investir dans un marché sans direction

6 juin 2012 | Commenter

Actuellement, les marchés financiers dépendent des décisions découlant des politiques économiques de l’Europe, des États-Unis et des différentes banques centrales.

Les cours boursiers sont dans une phase de correction, depuis leur sommet en avril. Les principales raisons évoquées pour justifier ces baisses sont la crise obligataire et bancaire de la zone euro, et un certain ralentissement de la vitesse de la croissance américaine et chinoise. La plupart des pays de la zone euro est en récession, et la situation ne semble pas s’arranger. Des fuites de capitaux majeures sont observées en Espagne, au Portugal et en Irlande, par crainte que ce qui se passe en Grèce se répercute ailleurs.

En revanche, les profits des entreprises nord-américaines sont en forte progression avec 14,7 % de hausse sur 12 mois, et des prévisions de 13 % pour 2012 selon le consensus des analystes, d’après Bloomberg. L’écart entre les cours boursiers et la juste valeur marchande s’agrandit.

Le cours/bénéfice du S&P 500 est de 12,9, soit 21 % inférieur à la moyenne des 50 dernières années, qui se situait à 16,4. Par rapport aux récessions historiques, la croissance économique américaine et canadienne est la plus lente, avec des niveaux oscillant entre 2 % et 2,5 %. Cela n’a pas affecté la hausse des profits des entreprises.

Les bourses nord-américaines et mondiales sont des aubaines, ces temps-ci, plutôt que des bulles spéculatives.Les investisseurs patients pourraient être très avantagés dans les prochaines années. La confiance mondiale envers les actions est en panne, ce qui explique cette importante sous-évaluation des cours.

Malgré la faiblesse de la croissance économique des pays avancés (entre 1 % et 2,5 %), la croissance mondiale demeure en ligne avec la moyenne des 40 dernières années. Même si la frénétique croissance de la Chine passe de 9 % à 7 % ou même 5 %, au cours des prochaines années (ce qui est prévu), les taux de croissance des autres pays asiatiques surprennent positivement les économistes. La délocalisation des manufactures chinoises vers les autres pays asiatiques, qui connaissent une croissance économique révisée à la hausse, est déjà amorcée.

Il est souhaitable que les économistes additionnent les taux de croissances des différents pays, pas seulement ceux des quelques grands pays sur lesquels se concentrent les grands médias.

Le marché a besoin de certitude
Il y a trop d’incertitude depuis deux mois. Des annonces politiques solides, comme la création d’une union monétaire qui financerait directement les banques en difficulté en Europe ou d’autres mesures quantitatives américaines, pourraient renverser la tendance, dans une certaine mesure. Appuyée par une aide sur demande du Fonds monétaire international, la zone euro s’est donné, depuis six mois, les moyens financiers d’avoir les capitaux pour juguler la crise obligataire. Toutefois, le marché n’a pas reconnu cet apport et le risque de contagion demeure.

Stratégies d’investissement
La patience récompensera l’investisseur boursier. Les rebonds impressionnants sont normaux, à court terme. Souvent, ce sont les secteurs qui ont le plus souffert, comme le secteur des matériaux et de l’énergie qui gagnent lors des reprises. Les rebonds seraient principalement suscités par des rumeurs ou des déclarations politiques.

Toutefois, d’un point de vue technique et directionnel, la tendance à court terme pour les actions n’est pas favorable, mais elle pourrait changer d’orientation rapidement, au cours des prochaines semaines ou mois.

Sécuriser le portefeuille d’un investisseur hors Bourse me semble risqué. Des sorties graduelles engendrées depuis deux mois me paraissent plus réalistes. Il faudrait être prêt à revenir au bon moment, quand les décisions politiques ramèneront la confiance.

Le marché obligataire m’apparaît surévalué. Les taux à long terme sont excessivement bas, et toute hausse du marché obligataire me semble spéculative. Les fonds de type acheteur/vendeur (CTA) ou autres ressortent gagnants depuis six semaines, avec des hausses inverses au marché boursiers. Un investisseur aurait intérêt à inclure ces types de fonds dans une portion de son portefeuille.

Les fonds boursiers émergents ont connu une baisse exagérée de leur valeur, depuis deux mois. Des rebonds impressionnants pourraient se produire en 2012, pour ce type de fonds.

William-André Nadeau est chroniqueur financier. Il publie chaque deux semaines un billet traitant des marchés, de placements et de gestion.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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