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Économie

Investir en Bourse, une aberration?

2 août 2012 | Ronald McKenzie | Commenter

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Le gestionnaire vedette Bill Gross vient de méduser les lecteurs de sa lettre financière. Dans l’édition du mois d’août, rapporte l’agence Bloomberg, il prévoit ni p lus ni moins la fin de l’investissement boursier tel que nous le connaissons actuellement.

« Si les actifs financiers ne réussissent plus à créer de la richesse, cela signifie que vous devrez travailler plus longtemps pour avoir de l’argent et pour votre retraite », a indiqué le cofondateur de la firme américaine Pacific Investment Management Co., plus grand gestionnaire mondial d’obligations.

Outre son talent indéniable à la négociation de titres de dettes, Bill Gross s’est rendu célèbre pour avoir popularisé le concept de l’économiste Jeremy Siegel voulant qu’un portefeuille équilibré d’actions puisse générer un rendement annuel de 6,6 % sur une longue période.

Ici aussi, il fait table rase de cette notion qu’utilisent des dizaines de milliers de conseillers dans leurs recommandations à leurs clients. « La constante de Siegel est un monstre historique (historical freak), un anachronisme que nous ne reverrons plus jamais de notre vivant », a-t-il écrit.

Les investisseurs qui chercheraient refuge dans les obligations ne seraient guère plus choyés, prédit Bill Gross. « Les obligations du Trésor à longue échéance ne rapportent actuellement que 2,5 %. Rien ne permet de croire qu’ils pourront reproduire les performances des dernières décennies », a souligné Bill Gross. Pourquoi les rendements demeureront-ils si faibles? À cause du ralentissement économique mondial, certes, mais surtout en raison du resserrement des activités de banques d’investissement. En effet, ces dernières ne peuvent plus compter sur le commerce des dérivés et des produits structurés pour améliorer la performance des placements.

À tout prendre, s’il faut investir dans des obligations, aussi bien choisir les titres qui offrent la meilleure sécurité : les bons du Trésor américain et les obligations du Royaume-Uni. Bill Gross se méfie des titres allemands, car il croit que l’Allemagne devra allonger d’importantes quantités d’euros afin de sortir le Vieux Continent du marasme dans lequel il semble s’enliser.

Bloomberg analyse la déprime du grand gestionnaire avec un grain de sel. L’agence de presse fait remarquer que, en 1979, le prestigieux magazine Business Week avait fait la manchette un publiant un dossier-choc intitulé « Death of Equities ».

Dans les mois qui ont suivi, on a assisté à l’un des plus forts marchés haussiers de l’histoire!

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