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Investissement : la peur de faire des erreurs

23 juillet 2010 | William André Nadeau | Commenter

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baisse_argent_425Les investisseurs n’aiment pas perdre mais ce comportement renforce, malheureusement, les risques de perte, explique William André Nadeau, gestionnaire de portefeuille et fondateur du cabinet Orientation Finance.

Apprendre de ses erreurs
Tout spécialiste en « coaching » du management vous le dira : c’est avec des échecs que l’on bâtit des succès. C’est aussi vrai en gestion des placements.

J’ai rencontré plusieurs investisseurs qui ont du succès dans leurs gestion de placement sur une longue période. Un point commun qui a largement contribué à leur succès réside dans les importants échecs de leur début. Souvent, ils ont perdu leur investissement initial. À la différence de la plupart des investisseurs, ils ont analysé les causes de ces échecs et ils ont rebâti leur méthode de gestion à partir de ces mauvaises expériences. Ils ont appris de leurs erreurs.

Personnellement, je me suis intéressé, dès l’année 2000, à approfondir l’analyse fondamentale, après avoir vu mon portefeuille boursier chuter avec la bulle technologique. En 1999 et début 2000, j’avais essayé de comprendre pourquoi autant d’analystes financiers pouvaient anticiper une croissance du cours des titres du Nasdaq qui se transigeaient en moyenne 5 fois leur valeur réelle. Je croyais que leur formation les immunisait contre ce type d’évaluations loufoque. J’ai compris, par la suite, que les analystes étaient dans une bulle de spéculation émotive tout simplement. Cet échec m’a appris l’importance d’essayer d’investir dans des titres sous-évalués.

Accepter ses pertes : stopper l’hémorragie des titres perdants
Les investisseurs n’aiment pas perdre. « La majorité préfèrent encaisser leurs profits sur les gains et conserver leurs titres perdants. Si vous agissez ainsi, il y a de fortes chances que vos pertes soient encore plus grandes. Réaliser vos petites pertes et retourner chez vous. » (source: Trend following, M.W. Covel, p. 195)

En gestion tendancielle nous sélectionnons les titres et les FNB en fonction de leur tendance. Quand la tendance d’une valeur se dilue, nous préférons encaisser nos petites pertes, « stop loss » avant qu’elles ne deviennent plus importantes.

La recherche académique a démontré qu’il vaut mieux renforcer nos titres gagnants que réduire ou éliminer nos titres perdants.

Les neurologues ont démontré que les « traders » se sentent dépressifs quand ils perdent. Ils ont soif de gagner à tout pris. La recherche démontre que les hommes investisseurs sont plus « orgueilleux » que les femmes, concernant les pertes financières. Entre amis ils préfèrent aborder leurs victoires à la Bourse et camoufler leurs échecs.

J’ai rencontré, au cours de ma carrière, plusieurs clients qui avaient horreur de vendre leurs titres perdants. On a mesuré l’impact à moyen terme de leur décision. Malheureusement, ils auraient obtenu de meilleurs rendements s’ils avaient vendu leurs titres perdants et renforcé leur titres gagnants.

Le contenu de cette chronique a été gracieusement fourni par le cabinet Orientation Finance.

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