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Investissement responsable : le message ne passe pas

14 juin 2005 | Commenter

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(14-06-2005)Les adeptes de l’investissement socialement responsable ont eu droit àune douche froide lors de la conférence biennale organisée parla Social Investment Organization, à Toronto.

En effet, les leaders de l’industrie ont indiqué hier que la partde marché des fonds responsables est passée de 1,3 % il y a cinqans à seulement 0,8 % aujourd’hui. «Nous ne luttons pas pourprendre une part du gâteau, mais seulement les miettes», a déclaréGary Hawton, président des fonds communs Meritas, cité par Advisor.ca.

Pourtant promis à un bel avenir, les fonds responsables ne trouventpas preneurs. Gary Hawton explique le phénomène par le fait quel’investissement éthique semble trop compliqué àcomprendre pour le commun des épargnants. Au début, le mouvementpour l’investissement responsable mettait l’accent sur les moyensde distinguer les «bonnes» entreprises des «mauvaises».Maintenant, les débats portent sur le militantisme des actionnaires etles stratégies de vote par procuration, ce qui est loin des préoccupationsdes investisseurs particuliers, constate Gary Hawton.

Même son de cloche de la part de Bob Walker, vice-président, recherche,des fonds Ethical, qui estime que l’industrie des fonds socialement responsablesdoit établir sa crédibilité et imposer sa présence.Il dit que le mouvement a accompli de grandes réalisations au cours desannées, obligeant notamment les entreprises à faire preuve deplus de transparence et d’imputabilité. Mais ces faits d’armesne trouvent pas écho dans le public, dit-il.

Des participants ont demandé si les conseillers ne constituaient pasune partie du problème. Notamment, Eugene Ellmen, président dela Social Investment Organization, les a accusés de rarement aborderces questions de manière sérieuse avec leurs clients.

Gary Hawton a tenu à nuancer cette hypothèse. «En tantqu’entreprise de fonds communs, leur fournit-on les outils dont ils ontbesoin pour aborder ces questions avec les investisseurs ? Je ne crois pas qu’ondoive blâmer les conseillers.»

Pour appuyer ces dires, un participant a indiqué que, en Angleterre,des conseillers ont créé, à l’attention des professionnelsdu placement, des pochettes d’information sur l’investissement socialementresponsable. Il a suggéré que l’industrie devrait lancerpareille initiative ici.

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