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Investissements : gros plan sur le Bas-Saint-Laurent

16 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Desjardins publie aujourd’hui une étude de marché ciblant la région du Bas-Saint-Laurent, après avoir déjà examiné celles de l’Outaouais, de l’Estrie, des Laurentides, de la Montérégie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de Lanaudière.

Voici quelques-uns de ses points saillants relevés par Chantal Routhier, économiste au Mouvement, concernant notamment le secteur des investissements et les perspectives à long terme pour cette partie du territoire québécois qui englobe les municipalités régionales de comtés de Kamouraska, de La Matapédia, de La Mitis, Les Basques, de Matane, de Rimouski-Neigette, de Rivière-du-Loup et de Témiscouata.

UNE CROISSANCE EN DENTS DE SCIE

À l’instar du reste de la province, la croissance économique du Bas-Saint-Laurent devrait être moins vigoureuse cette année, alors qu’elle s’accélérera en 2016. Au cours de cette période, la progression du produit intérieur brut de la région sera inférieure à celle de la moyenne provinciale, tandis que les taux de chômage devraient y diminuer.

La situation demeurera cependant tendue sur le marché du travail local, estime Chantal Routhier, même si on constatera une amélioration l’an prochain à la faveur d’une activité plus vigoureuse.

Selon la spécialiste, le secteur manufacturier « devrait bénéficier de l’embellie de l’économie américaine et de l’évolution du huard sous la parité, alors que dans la construction, l’érection de parcs éoliens favorisera la demande de main-d’œuvre ». Une amélioration dont profitera aussi le secteur des services.

DES INVESTISSEMENTS STABLES

Globalement, juge-t-elle, « l’emploi demeurera faible, mais les investissements devraient avoisiner la moyenne des cinq dernières années, c’est-à-dire environ 1,4 G$ ». En effet, « il y a toujours des chantiers éoliens en cours » et « les travaux routiers atteindront près de 182 M$ entre 2015 et 2017, avec notamment « des entreprises comme Premier Tech, à Rivière-du-Loup, qui investissent dans la région ».

Quant à la croissance économique, « le ralentissement observé dans l’industrie éolienne ne permet pas d’espérer qu’elle soit plus forte qu’au Québec d’ici à 2016 ».

Au total, les investissements devraient avoir rebondi de 6 % en 2014, à 1,5 G$, et ce, à la suite du repli de 8 % observé en 2013, selon l’Institut de la statistique du Québec.

TAUX D’ENTREPRENEURIAT EN BERNE

Enfin, du côté du taux d’entrepreneuriat, le Bas-Saint-Laurent « perd des plumes », souligne Chantal Routhier : la ville de Rivière-du-Loup est passée du 8e au 26e rang de 2013 à 2014, alors que celle de Rimouski a chuté de la 19e à la 56e position.

« La compétition est d’ailleurs de plus en plus vive à ce niveau dans la province », relève l’économiste. La raison? « L’apport des PME à la croissance est de plus en plus reconnu et mis de l’avant puisqu’elles génèrent des investissements et créent de l’emploi. »

Autre enjeu de taille pour la région, celui de la productivité, « car elle a fait peu de gains à ce chapitre ces dernières années ». D’après le Centre sur la productivité et la prospérité, la croissance de la productivité par heure travaillée y a crû de 1 % de 2002 à 2012, contre 8 % pour la moyenne provinciale.

LES PERSPECTIVES À MOYEN TERME

Selon l’étude de Desjardins, l’économie régionale « se déploie de plus en plus et les sphères d’activité prennent de l’expansion, dont la tourbe, l’éolien, l’économie du savoir, le secteur maritime et le tourisme ».

Toutefois, « la vitalité économique de plusieurs municipalités sur le territoire dépend toujours essentiellement de l’exploitation et de la transformation des ressources naturelles, notamment la forêt et l’agriculture, des secteurs qui ont fortement été mis sous pression ces dernières années ».

Dans ce contexte, conclut Chantal Routhier, « l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre ainsi que l’exode des jeunes continueront d’être des défis de premier plan au cours des prochaines années ».

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