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Économie

Investissements : gros plan sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean

27 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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Chicoutimi, un des trois arrondissements urbains de la ville de Saguenay.

Chicoutimi, un des trois arrondissements urbains de la ville de Saguenay.

Desjardins publie aujourd’hui un profil économique encourageant pour la région administrative du Saguenay–Lac-Saint-Jean, notamment en matière d’investissements et de perspectives à long terme.

Voici quelques-uns des points saillants relevés par Chantal Routhier, économiste au Mouvement.

LA CROISSANCE S’AMÉLIORERA CETTE ANNÉE

Même si le rythme de l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean demeurera « légèrement inférieur » à celui de l’ensemble du Québec, la croissance de son produit intérieur brut devrait s’améliorer en 2016 et en 2017, prévoit-elle. Ainsi, « le redressement des secteurs manufacturier et forestier, soutenu par l’amélioration de la conjoncture américaine et la faiblesse du huard, permettra à l’économie régionale de mieux performer ».

La présence de grands chantiers sur le territoire, notamment la construction de la ligne de transport d’électricité reliant La Doré à Montréal (830 M$) et d’une serre hydroponique (100 M$), soutiendra les investissements, sans oublier plusieurs projets prévus dans les secteurs de la foresterie et de l’aluminium.

La région a pris plusieurs initiatives en vue de diversifier ses sphères d’activité et accroître leur valeur ajoutée, ce qui contribue à soutenir l’économie locale (percée de l’industrie de l’aluminium sur le marché automobile, expansion du tourisme, production de deuxième et de troisième transformations du bois des essences de la forêt boréale et développement de l’agriculture nordique).

CHAQUE SECTEUR SE DÉVELOPPE

Des projets sont en voie d’élaboration aux quatre coins de la région, notamment le développement accru d’activités de transformation dans l’agriculture nordique sur le territoire de Maria-Chapdelaine et la construction d’une minicentrale hydroélectrique à la Onzième Chute de la rivière Mistassini, indique Chantal Routhier.

Dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Lac-Saint-Jean-Est, le secteur touristique se repositionne. Des programmes de soutien et de démarche qualité ont récemment été lancés par Tourisme Alma Lac-Saint-Jean.

De son côté, la MRC du Domaine-du-Roy a lancé la construction d’une serre hydroponique à Saint-Félicien, qui permettra de stimuler les investissements et de créer une centaine d’emplois durant la phase des travaux, en plus d’avoir planifié de nouveaux développements au Zoo sauvage, toujours à Saint-Félicien.

La MRC du Fjord-du-Saguenay n’est pas en reste, puisqu’elle a élaboré une stratégie basée sur l’écoparc multisectoriel afin d’accroître les activités industrielles, commerciales et touristiques sur son territoire. Elle souhaite ainsi attirer 36 entreprises, qui pourraient créer jusqu’à 650 emplois sur une période de 10 ans.

Enfin, sur le territoire de Saguenay, le boulevard Talbot sera revitalisé, le Centre Georges-Vézina rénové et le centre-ville de Jonquière fera peau neuve au cours des prochaines années. En parallèle, le Port de Saguenay connaîtra de nouveaux développements, avec notamment la construction d’un terminal maritime et le projet d’usine de liquéfaction du gaz naturel de GNL Québec, à Grande-Anse (7,5 G$).

DU CÔTÉ DU BOIS, DES MINES ET DE L’ALUMINIUM

Dans le secteur du bois, Produits forestiers Résolu a investi plus de 16 M$ dans cinq scieries du Lac-Saint-Jean afin de rehausser la productivité dans ses usines et rester compétitif sur les marchés internationaux.

Néanmoins, précise Chantal Routhier, cette industrie « continuera à faire face à de nombreux défis, dont le coût élevé de la fibre », tandis que celle des pâtes et papiers « demeurera sous pression, notamment à cause de la baisse constante de la demande pour plusieurs types de papier traditionnel et d’une surtaxe désormais imposée par les États-Unis à l’exportation de certains papiers.

En ce qui concerne les mines, deux projets pourraient voir le jour au cours des deux à trois prochaines années : celui de l’exploitation d’une mine d’apatite par Arianne Phosphate au Lac-à-Paul (1,2 G$), qui pourrait générer des centaines d’emplois, et celui de Métaux BlackRock au Lac Doré, près de Chibougamau, dans le Nord-du-Québec.

Dans l’industrie de l’aluminium, la situation de surplus perdure toujours, explique Chantal Routhier. En effet, « l’offre mondiale demeure excédentaire en regard de la demande mondiale, ce qui continuera d’exercer une pression sur les prix », précise-t-elle. Résultat, ceux-ci « devraient rester assez faibles cette année avant de se relever quelque peu en 2017 ».

DES INVESTISSEMENTS EN LÉGÈRE HAUSSE…

À la suite des fortes progressions observées en 2014 et en 2015, la hausse des investissements pourrait se révéler modeste cette année et l’an prochain, même s’« ils demeureront élevés d’un point de vue historique », note l’économiste.

Au total, les investissements auraient ainsi progressé de 24 % dans la région en 2015, pour atteindre 1,6 G$, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec. Par rapport à 2014, la croissance des dépenses en immobilisations issues du secteur privé a été de nouveau en hausse l’an dernier, alors que les sommes injectées provenant du secteur public ont rebondi.

…ET DES PERSPECTIVES POSITIVES

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean possède « plusieurs points d’appui pour soutenir sa croissance économique au cours des deux prochaines années », relève Chantal Routhier, qui estime que celle-ci sera en grande partie due à « la diversification accrue de sa structure industrielle, notamment dans les secteurs manufacturiers, de l’agriculture et du tourisme ».

De plus, ajoute-t-elle, « la mobilisation régionale accrue de plusieurs acteurs socio-économiques pour assurer la croissance à long terme de la région a donné lieu, notamment, à la tenue d’un sommet économique » destiné à « établir un constat commun sur les atouts et les leviers de développement ainsi qu’à cibler les champs d’intervention à prioriser au cours des 10 prochaines années ».

Selon l’économiste, un autre signal positif a été la tenue à Alma, en février dernier, de l’activité « Savoir Affaires », qui a permis de mobiliser les différents acteurs du développement régional autour de l’étude d’une trentaine de projets, notamment dans les secteurs de la forêt, du bois, du numérique, des applications technologiques et de la transformation de l’aluminium.

À noter que le Mouvement Desjardins a déjà passé en revue les profils économiques de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec, de la Mauricie, de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, de Montréal, du Bas-Saint-Laurent, de l’Outaouais, de l’Estrie, des Laurentides, de la Montérégie, de Lanaudière et de Chaudière-Appalaches.

Le tourisme en plein essor

Le marché touristique poursuit son expansion au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le port d’escale pour les croisières internationales de La Baie, en troisième position après ceux de Québec et de Montréal, a reçu 38 escales en 2015 (+19 % par rapport à 2014) et plus de 50 000 croisiéristes (+14 % comparé à 2014).

D’ici 2020, le port prévoit accueillir quelque 100 000 croisiéristes sur une base annuelle. Pour couronner le tout, le Saguenay–Lac-Saint-Jean accueillera cette année le Sommet Adventure Elevate, ce qui créera de bonnes opportunités d’affaires pour les entreprises évoluant dans le domaine de l’écotourisme, un créneau lui aussi en pleine croissance.

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