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Investissements : les voyants au vert pour le Centre-du-Québec

10 juin 2016 | La rédaction | Commenter

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croissance_nature_pratique_425Le secteur manufacturier, notamment l’industrie forestière, devrait tirer l’économie du Centre-du-Québec vers le haut dans les prochaines années. C’est du moins ce que prévoit Desjardins dans une étude publiée cette semaine.

« La région du Centre-du-Québec est la plus manufacturière de toutes nos régions, explique Chantal Routhier, économiste chez Desjardins. C’est ici que le secteur est le plus implanté et le plus important en termes d’emplois. On s’attend à ce que la conjoncture s’améliore du côté américain, et comme le huard devrait demeurer faible, ces deux facteurs combinés vont vraiment apporter un bon stimuli aux exportations de la région. »

Première industrie à en profiter : la forêt, alors que les mises en chantier commencent à augmenter de l’autre côté de la frontière.

« À l’échelle provinciale, cette industrie vit certaines difficultés, notamment dans l’approvisionnement en bois d’œuvre, ajoute Mme Routhier. Ça ne touche pas le Centre-du-Québec, car 95 % des forêts sont privées. Le territoire va donc être davantage capable de tirer profit de l’embellie aux États-Unis, alors que dans d’autres régions, certaines scieries sont fermées, car elles n’ont pas accès au bois dont elles auraient besoin pour fonctionner à pleine capacité. »

L’industrie agroalimentaire, avec notamment un fort développement de l’agriculture biologique et un investissement important dans la fromagerie L’Ancêtre, et le tourisme, avec un taux d’occupation hôtelier de 47,1 % en 2015, un record depuis 2007, devraient également tirer la région vers le haut.

STRATÉGIE MARITIME

Le Centre-du-Québec bénéficiera par ailleurs dans les prochaines années de la stratégie maritime du gouvernement du Québec. Une entente a été signée en avril dernier afin d’implanter une zone industrialo-portuaire à Bécancour. Un comité a été mis sur pied pour délimiter la zone et préparer un plan de développement industriel comprenant, entre autres, le repérage des marchés potentiels et des occasions d’attraction d’investissement, le tout en conformité avec les principes de développement durable.

« C’est un projet très intéressant, commente Chantal Routhier, alors qu’on cherche ici à diversifier l’économie à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly. »

L’ouverture cet hiver d’une antenne de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à Drummondville permettra dans les prochaines années de développer l’économie du savoir.

« C’est aussi un bon moyen de retenir les populations, notamment les jeunes et les familles, dans la région, note l’économiste de Desjardins. On sait que beaucoup de jeunes quittent pour aller étudier ailleurs et ne reviennent jamais. Ce pôle universitaire va également attirer des gens ici, puisqu’en général, les programmes disponibles sont en relation avec le territoire. »

ENJEU DÉMOGRAPHIQUE

Une bonne nouvelle, car si la hausse de la population se poursuivra au Centre-du-Québec jusqu’en 2021, la cadence sera plus modeste que dans le passé, prévoit Desjardins. Et certaines MRC, comme Bécancour et Drummond, en profiteront plus que d’autres, comme les Érables et, dans une moindre mesure, Nicolet-Yamaska.

« Dans la région, la population est davantage vieillissante que ce qui est globalement observé au Québec, peut-on lire dans l’étude. Le taux de remplacement, qui calcule le nombre de personnes aptes à intégrer le marché du travail, soit les 20 à 29 ans, sur chaque groupe de 100 personnes prêtes à quitter le marché du travail pour la retraite, soit les 55 à 64 ans, illustre bien cette situation. En 2011, le taux de remplacement a atteint 71,6 % au Centre-du-Québec contre 96,6 % au Québec. En 2021, le taux s’élèverait à 67,7 % pour la région et à 81,3 % pour la province. À l’instar du Québec, la capacité de la région à renouveler sa main-d’œuvre s’amenuisera au cours des prochaines années. »

Aussi, les difficultés de recrutement demeurent un défi de premier plan dans la région, et ce, d’autant plus qu’elle affiche l’un des cinq taux de chômage les plus faibles du Québec. Selon Emploi-Québec, il y aura 22 300 postes à pourvoir au Centre-du-Québec entre 2013 et 2017, dont 83 % afin de combler les départs à la retraite (75 % au Québec). Toutefois, de nombreuses municipalités et entreprises régionales participent, notamment, à des comités de reclassement, des concours et des missions de recrutement à l’étranger afin de répondre à leur besoin de travailleurs.

SOUTIEN AUX PME

En conclusion, Chantal Routhier entrevoit des perspectives économiques favorables pour la région du Centre-du-Québec pour 2016, et encore plus pour 2017.

« Il y a un bon contexte manufacturier et la démographie se développe dans deux des MRC, résume-t-elle. Il y a également beaucoup de projets structurants en élaboration, avec notamment le fonds de diversification économique. »

Un fonds destiné à soutenir divers projets ainsi que des incubateurs d’entreprises, ayant chacun leur pôle de spécialisation. À Bécancour, l’un d’eux sera orienté vers les technologies vertes. La Société de développement économique de Drummondville ouvrira son troisième incubateur industriel à l’été 2016 afin de contribuer au démarrage d’entreprises en apportant un soutien organisationnel, opérationnel et administratif aux PME.

Enfin, un partenariat économique entre Trois-Rivières et Bécancour a été signé afin d’encourager le développement industriel et commercial au cours des deux prochaines années. Cette entente vise la prospection, le démarchage, l’accompagnement spécialisé aux projets et aux entrepreneurs, la maximisation des retombées des grands projets annoncés dans le parc industriel et des activités de réseautage élargies.

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