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Investissements : pleins feux sur la Montérégie

11 mai 2016 | La rédaction | Commenter

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Sun sets on the Champlain bridgeIl se profile des jours heureux pour la Montérégie en matière d’investissements et de perspectives à long terme. C’est, du moins, ce que prévoit Desjardins dans une étude publiée aujourd’hui.

À l’instar du reste du Québec, la croissance du produit intérieur brut de la Montérégie devrait s’améliorer en 2016 et en 2017, indique Chantal Routhier, économiste au Mouvement.

Cette embellie est due, entre autres, « à un fort accroissement démographique » ainsi qu’à « la faiblesse du huard face à la devise américaine, qui contribuera à stimuler les exportations », tandis que « les investissements et l’emploi afficheront eux aussi des perspectives de croissance positives ».

Même si le marché de la construction neuve devrait fléchir cette année (un retour à la croissance est prévu en 2017), la région est « en plein développement », grâce notamment aux industries des transports et de l’agroalimentaire, « appelées à connaître une vive transformation », alors que le secteur touristique, spécialement le segment d’affaires, poursuivra son expansion.

DES INVESTISSEMENTS EN HAUSSE

« Les investissements sont appelés à demeurer à des niveaux élevés au cours des prochaines années », affirme Chantal Routhier. Des perspectives positives qu’elle attribue, entre autres, « à l’instauration de deux pôles logistiques à Contrecœur et aux Cèdres et à l’agrandissement du port de Montréal à Contrecœur ».

En y ajoutant l’annonce d’un important développement immobilier à Brossard par Devimco, évalué à 1 G$, l’économiste estime que « la tendance haussière des investissements devrait se poursuivre dans la région d’ici à 2017 ». Si le projet immobilier de Devimco voit le jour, précise-t-elle, son développement sera axé sur le transport en commun et comprendra des zones résidentielle, commerciale, récréotouristique ainsi que des espaces à bureaux. Alors que les premières unités d’habitation sont attendues au printemps 2017, l’aménagement complet du quartier prendra de 10 à 15 ans.

Selon les prévisions de l’Institut de la statistique du Québec, les investissements en Montérégie devaient progresser de 7 % en 2015 (comparativement à 2,7 % dans l’ensemble de la province) pour atteindre 4,8 G$. De leur côté, les dépenses en immobilisations en provenance du secteur privé devaient baisser de 7,7 % l’an dernier, alors que les sommes injectées du côté du secteur public devaient au contraire bondir de 24,2 %.

Globalement, Chantal Routhier juge que les perspectives pour la région sont « excellentes ».

« La nouvelle autoroute 30, qui relie Sorel-Tracy à Vaudreuil-Dorion, offre des possibilités de développement économique sans précédent, notamment au chapitre du tourisme, du commerce et des transports », ce qui « stimulera l’emploi et les investissements dans les prochaines années ». En outre, « la population demeure en forte progression et beaucoup d’efforts sont déployés pour développer et accroître l’entrepreneuriat. La région affichera une bonne santé économique et elle possède plusieurs points d’appui pour soutenir son expansion. »

GRANDS TRAVAUX D’INFRASTRUCTURES

Les grands travaux d’infrastructures qui se dérouleront dans la région montréalaise au cours des prochaines années, comme la construction du futur pont Champlain et la réfection de l’échangeur Turcot, « offriront des opportunités d’affaires et d’emplois pour les entreprises et les travailleurs de la Montérégie », relève Chantal Routhier.

C’est par exemple le cas des développements dans les transports terrestre, ferroviaire et maritime attendus d’ici la fin de la décennie, qui lui permettront de « renforcer son positionnement dans ce secteur d’activité ».

Plus spécifiquement, depuis l’ouverture l’an dernier d’un terminal intermodal à Salaberry-de-Valleyfield, qui compte notamment cinq voies ferrées et une capacité totale de 110 000 conteneurs, la région bénéficie désormais d’un nouvel outil qui devrait favoriser les exportations vers les États-Unis. Une situation qui, selon l’économiste, constitue « un facteur d’attraction supplémentaire pour attirer de nouvelles entreprises sur son territoire et générer de l’emploi ».

« VENT DE DYNAMISME » SUR LONGUEUIL

De même, « un vent de dynamisme souffle sur Longueuil » grâce au lancement d’« une nouvelle stratégie quinquennale de développement économique qui s’orientera vers la réalisation de projets industriels à valeur ajoutée dans les transports de pointe, comme les véhicules électriques et la mobilité durable ainsi que les industries aérospatiale et aéronautique », souligne-t-elle.

L’organisme de développement économique de Longueuil mettra en place un technopôle des transports sur son territoire afin « de se positionner comme le carrefour québécois des idées, du savoir et de l’innovation en matière d’électrification des transports et d’écomobilité ».

De son côté, le secteur de la Montérégie-Est bénéficiera de l’implantation d’une zone industrialo-portuaire à Sorel-Tracy dans le cadre du Plan d’action 2015-2020 de la Stratégie maritime du Québec. Ce programme est d’envergure, souligne Chantal Routhier, puisque le gouvernement du Québec a prévu d’investir 300 M$ sur cinq ans pour développer les zones industrialo-portuaires de la province et qu’il vise des investissements industriels privés de plus de 2,4 G$ entre 2015 et 2030.

EXPANSION DU TOURISME D’AFFAIRES

Saint-Hyacinthe Technopole ira également de l’avant avec la construction d’un nouveau Centre des congrès afin de pallier les pertes en revenus directs et indirects qui, selon l’organisme, s’élèvent à plus de 33 M$ depuis la fermeture du Centre des congrès et de l’Hôtel des Seigneurs en 2013.

S’ajoutent à cela la construction d’un nouveau poste électrique à Adamsville, qui se poursuivra jusqu’en 2017, des travaux destinés à revitaliser Saint-Jean-sur-Richelieu, qui s’étaleront jusqu’en 2019, et l’érection d’un parc éolien évalué à 70,5 M$ dans la MRC de Pierre-De Saurel.

Enfin, le secteur touristique contribuera lui aussi à stimuler l’industrie et à accroître les retombées économiques régionales. Ainsi, un projet de complexe récréotouristique évalué à près de 20 M$ est en cours d’élaboration au lac Saint-Pierre. L’objectif est d’attirer 150 000 visiteurs annuellement, ce qui représenterait des retombées annuelles de quelque 6 M$. De manière générale, « le tourisme d’affaires a pris de l’expansion dans la région avec l’achèvement de l’autoroute 30, de sorte qu’aujourd’hui la Montérégie représente le troisième marché en importance après ceux de Montréal et de Québec », observe Desjardins.

À noter que le Mouvement Desjardins a déjà passé en revue les profils économiques de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec, de la Mauricie, de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, de Montréal, du Bas-Saint-Laurent, de l’Outaouais, de l’Estrie, des Laurentides, de Lanaudière, de Chaudière-Appalaches et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

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