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Économie

ISR : les Québécois veulent plus d’information

21 février 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Les Québécois sont de plus en plus nombreux à vouloir prendre le virage de l’investissement socialement responsable (ISR).

Toutefois, ils estiment manquer d’information à ce sujet et ne pas toujours être en mesure de comprendre les produits existants, indique une récente étude réalisée par l’Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable (OCR).

Intitulée Les Québécois et l’investissement socialement responsable : portrait 2014, cette étude a été réalisée en collaboration avec Desjardins, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs et le Carleton Centre for Community Innovation, à Ottawa.

Elle révèle notamment que 57 % des répondants manquent d’information sur l’ISR, voire n’en ont jamais entendu parler. En outre, 43 % des personnes interrogées jugent l’information transmise « peu transparente », et 39 % que l’offre des institutions financières en matière d’ISR est « difficile à comprendre ».

Qui achète des fonds d’ISR ?

Une situation paradoxale : en effet, 43 % des répondants se disent prêts à accorder plus de place aux critères environnementaux, sociaux et éthiques dans leurs décisions de placement au cours des prochaines années. Et 32 % affirment que, si on leur proposait des produits ISR, ils seraient prêts à y investir une part de leur épargne.

L’investissement socialement responsable a longtemps souffert d’un préjugé quant au potentiel de rendement de ses produits. La situation a néanmoins changé au cours des dernières années et 46 % des Québécois estiment aujourd’hui que l’ISR offre un rendement du capital investi identique aux produits de placement traditionnels.

D’après l’étude, les particuliers les plus susceptibles d’investir des actifs importants en ISR sont les hommes, les 25-44 ans, les résidents de Montréal et de Laval, les ménages ayant des revenus supérieurs à 40 000 $ ainsi que les personnes détenant un diplôme universitaire (au moins un Bac).

Près du tiers des Québécois se disent préoccupés par les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs placements financiers. Parmi eux, on dénombre 39 % de Montréalais, 35 % de célibataires, 37 % de personnes de 65 ans et plus, 37 % de diplômés universitaires et 55 % de travailleurs autonomes ou indépendants.

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Faible capacité financière

L’étude démontre par ailleurs que les Québécois ne sont pas à l’aise avec le milieu de la finance. Selon l’OCR, « ils n’épargnent pas en raison de leur manque de connaissances, d’intérêt ou de leur revenu disponible ».

Moins de quatre Québécois sur 10 estiment avoir une bonne connaissance du domaine financier, et à peine un tiers se tient régulièrement au courant des questions financières.

« Le problème majeur qui nuit à l’ISR est que seuls 6,6 % des Québécois affirment être en mesure d’épargner, et que peu d’entre eux prévoient des investissements pour leur avenir », conclut l’Observatoire.

En 2012, les actifs ISR représentaient environ 20 % des actifs sous gestion dans l’industrie financière au Canada. L’épargne des investisseurs particuliers dans des produits ISR correspondait, quant à elle, à seulement 2 % des actifs sous gestion ISR. Toutefois, cette part a connu une hausse de 8 % en deux ans.

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