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« Je n’ai pas envie de changer cette recette gagnante » – Marie Elaine Farley

9 juin 2015 | Pierre-Alexandre Maltais | Commenter

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Au lendemain de sa nomination en tant que présidente et chef de la direction de la Chambre de la sécurité financière lors de l’assemblée générale annuelle jeudi dernier, une chose semble claire pour Me Marie Elaine Farley: son règne s’amorcera sous le signe de la continuité.

Conseiller : Selon votre prédécesseur, vous avez joué un rôle qui était devenu de plus en plus important au cours des dernières années en tant que vice-présidente. Est-ce que votre confirmation à la tête de la CSF survient comme une surprise, ou vous vous y attendiez?

Marie Elaine Farley : Ce n’est peut-être pas une surprise, mais il reste que c’est quand même un choix du conseil d’administration. Je faisais partie d’une équipe dans laquelle Luc Labelle (ex-président de la CSF) et moi travaillions étroitement ensemble. Ça fait quand même 15 ans que je suis vice-présidente, donc c’est sûr que je suis au courant des dossiers stratégiques et j’en ai porté plusieurs. Alors oui, je m’inscris dans la continuité des choses. Pour moi, c’est une belle marque de confiance et j’en suis très honorée. Je vais tout mettre en œuvre pour la préserver. Le conseil aurait quand même pu décider autre chose, et ça aurait été sa décision, mais il a pris celle de me choisir, et en ce sens, je suis très reconnaissante de cette marque de confiance.

C : Quel est votre défi principal au jour 1 de votre nouveau mandat?

M E Farley : Quand je dis que je m’inscris dans la continuité, c’est dans le sens où c’est le CA qui définit les orientations stratégiques. Il a adopté un plan triennal 2015-2017. Un des principaux rôles du CA est de déterminer ces orientations stratégiques et ma responsabilité, c’est de les opérer avec un plan d’action. Dans le contexte actuel, avec les changements qui sont à venir, que l’on pense à la révision des principales lois du secteur financier ou encore à l’arrivée d’une nouvelle génération, les 18-35 ans, les milléniaux, qui seront dans 10 ans la génération dominante, l’arrivée des technologies, qui vont changer les façons de faire, etc., la Chambre va devoir s’adapter. C’est la première chose à faire. Il faut s’adapter à ce nouveau contexte. Il faut s’adapter aussi au contexte du régulateur unique et aux nouvelles réglementations qui s’en viennent quant à la divulgation des frais qui exigeront plus de transparence. On doit poursuivre le travail, mais maintenant plus que jamais, c’est important d’inspirer confiance au public, que les membres inspirent confiance et que la Chambre elle-même inspire confiance, mais on ne pourra pas faire ça seuls. Il faut pouvoir compter sur nos partenariats.

« Maintenant plus que jamais, c’est important d’inspirer confiance au public. »


C : Comment comptez-vous y parvenir?

M E Farley : C’est dans mon idée de renforcer ces partenariats, ces collaborations dans l’industrie avec les autres régulateurs comme l’AMF, puisqu’on est tous interreliés. Dans nos rôles respectifs, on doit pouvoir mettre de l’avant le rôle-conseil des représentants, ce qui est aussi bénéfique pour le public. N’oublions pas qu’il est démontré que les conseillers ont un impact sur l’économie et sur la sécurité financière et la retraite des gens. Je dois donc veiller à ce que la Chambre – et ses membres – s’adapte pour suivre la relation de confiance qui existe, à la base, entre le conseiller et son client, mais qui est aussi à la base d’une industrie saine. C’est un peu à ça que je pense, tout en poursuivant le plan stratégique qui a été développé par le CA, plan auquel j’ai aussi participé. Il faut soutenir nos membres. La grande majorité d’entre eux ont de bonnes pratiques, mais il faut qu’ils puissent préserver leur aura de confiance. Notre rôle, c’est l’encadrement par la formation continue, la déontologie, mais des axes de prévention sont également nécessaires, par exemple Info-Déonto. Je suis en mode écoute, en mode collaboration avec nos membres, et je n’ai pas envie de changer cette recette gagnante.

C : Quelles sont vos orientations en matière de formation continue?

M E Farley : Au jour 2 de mon nouveau mandat, c’est sûr qu’on va devoir s’ajuster pour être aligné avec le contexte, pour développer des actions qui vont aller dans le sens où on doit continuer à jouer notre rôle de protection du public par le soutien, qui me tient vraiment à cœur, en ce qui a trait aux pratiques exemplaires et à l’éthique des conseillers, parce que c’est comme ça qu’on peut gagner. Ils ont tout à gagner. Ça démontre leur crédibilité, ça ajoute une valeur ajoutée pour leurs clients. Et puis tout le monde est gagnant là-dedans. J’ai envie de travailler sur des choses qui sont gagnantes pour tout le monde, et c’est à ça que je vais m’affairer au cours des prochains mois.

: Comment entrevoyez-vous vos relations futures avec l’Autorité des marchés financiers?

M E Farley : On travaille très bien avec l’Autorité des marchés financiers! J’ai toujours bien collaboré avec eux. J’ai le même discours que le président de l’AMF, Louis Morisset. L’Autorité, c’est plus qu’un partenaire, c’est notre régulateur, donc c’est bien important pour nous de collaborer avec eux. Ils ont une mission première quant à la protection des consommateurs. Chacun doit faire valoir ses forces respectives. C’est un rôle complémentaire que nous avons.

« L’Autorité, c’est plus qu’un partenaire, c’est notre régulateur. »


C : Comment évaluez-vous vos relations avec la CDPSF? Selon l’entente conclue en 2014 concernant la migration des sections régionales, la Chambre versera cette année plus de la moitié du 1,8 M$ destiné au Conseil.

M E Farley : C’est très important pour la Chambre de pouvoir distinguer ses différents rôles pour confier les siens à la CDPSF. C’est une relation d’affaires qui a été entérinée par l’Autorité des marchés financiers et dans cet esprit, on va poursuivre avec ce qui a été convenu. C’est une décision de la Chambre, donc je vais poursuivre en ce sens-là, pour que la mise en œuvre du protocole se fasse. C’est un dossier qui a été réglé l’année passée. On va poursuivre en fonction de ce à quoi ils se sont engagés et ce à quoi nous nous sommes engagés, et ce que l’AMF nous a donné comme aval. C’était très important pour nous d’avoir la confirmation que l’organisation était capable de se consacrer à son rôle de soutien aux membres dans le développement de bonnes pratiques pour la protection du public.

C’était la volonté de la Chambre de donner ce rôle, afin que chacun puisse jouer son rôle à 100 %, sans être limité l’un par l’autre.

C : Jugement favorable à la CSF contre CIBC : avez-vous l’impression d’avoir gagné une bataille plutôt que la guerre?

M E Farley : C’est un jugement qui est excessivement rassurant pour la protection des investisseurs, parce que peu importe où travaillent nos membres, on peut assurer la protection du public. Je serais très étonnée que ce dernier soit porté en appel. Ce jugement a le mérite de clarifier les choses pour tous les joueurs. C’est une bonne chose, un, pour les investisseurs et deux, pour les institutions qui sont soumises à la juridiction puisqu’ils emploient nos membres. Personnellement, j’aime que les choses soient très claires!

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