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Baisse économique

La Banque du Canada abaisse son taux d’intérêt

22 janvier 2015 | La rédaction | Commenter

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La Banque du Canada a annoncé hier sa décision de réduire son taux d’intérêt directeur d’un quart de point de pourcentage pour le ramener à 0,75 % au lieu de 1 %, rapporte La Presse canadienne.

Le taux officiel d’escompte s’établit donc désormais à 1 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 0,5 %.

La banque centrale a justifié cette décision par la rapide dégringolade du cours du pétrole qui, selon elle, soulève plusieurs incertitudes quant à la croissance économique du Canada en tant qu’exportateur de brut.

Avant que les effets du plongeon des prix de l’or noir ne commencent à transparaître dans l’économie, le pays semblait pourtant en voie de connaître un solide rebond postrécession, et la banque semblait au contraire se diriger vers une hausse des taux.

Première modification depuis 2010

« La forte baisse des prix du pétrole pèsera de façon marquée sur l’économie canadienne », écrit-elle dans son Rapport sur la politique monétaire, qu’elle a également dévoilé hier.

« Étant donné la rapidité et l’ampleur du recul des cours du pétrole, il existe une incertitude substantielle quant au niveau probable de ces derniers et à leur effet sur les perspectives économiques du Canada », précisent les experts de la banque centrale.

À la suite de cette annonce, le huard a baissé de 1,12 ¢US pour atteindre 81,48 ¢US, soit son plus faible niveau depuis avril 2009.

La modification apportée hier au taux directeur est la première depuis septembre 2010, lorsqu’il avait été augmenté d’un quart de point, à 1 %. La plupart des économistes s’attendaient à ce que l’institution ne bouge pas et misaient plutôt sur une augmentation du taux vers la fin de l’année ou en 2016.

« Incertitude considérable »

« Le choc des prix du pétrole survient dans un contexte de croissance solide et plus équilibrée au Canada ces derniers trimestres, explique la Banque. À l’extérieur du secteur de l’énergie, on commence à observer la succession attendue de certains facteurs : augmentation de la demande étrangère, raffermissement des exportations, amélioration de la confiance et des investissements des entreprises, et croissance de l’emploi. »

L’institution avertit toutefois qu’« il existe une incertitude considérable quant au rythme de matérialisation de ces facteurs successifs et à l’incidence de la chute des cours du pétrole sur ce processus ».

« Les investissements des entreprises dans le secteur énergétique vont diminuer. L’affaiblissement des termes de l’échange du pays aura des répercussions défavorables sur les revenus et la richesse, ce qui réduira la croissance de la demande intérieure », conclut-elle.

Retour au plein régime « vers la fin de 2016 »

Malgré l’incertitude entourant les mois à venir, la banque centrale prévoit qu’au premier semestre de 2015 la croissance du produit intérieur brut (PIB) ralentira pour avoisiner 1,5 % et que l’écart de production se creusera.

En outre, assure-t-elle, « les conséquences négatives du recul des prix du pétrole seront graduellement atténuées par une croissance plus vive de l’économie américaine, un niveau plus faible du dollar canadien et la réaction de la Banque en matière de politique monétaire ».

Au final, celle-ci s’attend à ce que « le taux de croissance moyen du PIB s’établisse à 2,1 % en 2015 et à 2,4 % en 2016 », avec une économie « qui devrait se remettre à tourner à plein régime vers la fin de 2016 ».

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