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Économie

La Banque du Canada demeure prudente

20 mars 2017 | La rédaction | Commenter

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conseiller_equilibre_vide_piege_prudence_attention_tomber_425x283Au sud de la frontière, la tendance est à la remontée des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, qui reprend confiance en l’économie américaine. Mais au nord, la prudence reste de mise. Pas sans raison, analyse le Mouvement Desjardins.

Le 15 mars dernier, la dirigeante de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, annonçait une hausse d’un quart de point de pourcentage. La Fed projetterait deux autres hausses en 2017 et encore deux autres en 2018. Une attitude qui contraste avec celle de la Banque du Canada (BdC), laquelle demeure très prudente malgré des données économiques encourageantes.

L’ÉCONOMIE REPREND VIE

Les indicateurs économiques canadiens sont en effet nombreux à être passés au vert au cours des derniers mois. Le PIB réel a augmenté de 2,6 % au quatrième trimestre de 2016. Cette année-là, la croissance canadienne a surpassé celle des États-Unis pour tous les trimestres, sauf le deuxième, grevé par les feux de forêt en Alberta.

La création d’emplois à temps plein a fortement progressé et le taux de chômage, à 6,6 %, est à son plus bas niveau depuis la crise. Même les mesures de l’inflation ne restent que très légèrement inférieures à la cible de la BdC.

RELANCE SOLIDE OU MIRAGE ?

Cette dernière n’est pas rassurée pour autant. Le marché immobilier, notamment dans la région de Toronto, où il commence à être étiqueté de bulle immobilière, représente un risque non négligeable. L’augmentation du nombre d’emplois à temps plein cache, quant à lui, des statistiques moins réjouissantes. Les heures travaillées au Canada fluctuent sur un rythme de -0,3 % pour l’année et les salaires n’augmentent en moyenne que de 1,1 % annuellement, soit moins que l’inflation.

Les investissements privés traînent aussi de la patte, un problème récurrent depuis de nombreuses années. De plus, la faiblesse de ces investissements est généralisée, se faisant sentir dans 65 % des secteurs économiques.

On reste donc assez loin de l’idéal d’une croissance durable tel qu’imaginé par la BdC. Celui-ci exigerait une contribution simultanée des apports des dépenses des ménages et du secteur immobilier.

NUAGES À L’HORIZON

Et le commerce international n’est guère plus rassurant, en raison surtout du turbulent nouveau président américain. Déjà que les exportations réelles n’ont augmenté que dans deux des cinq mois allant jusqu’à février 2017, elles pourraient subir un nouveau coup dur si les États-Unis instauraient des mesures protectionnistes. Le projet d’ajustement fiscal frontalier et la renégociation annoncée de l’Accord de libre-échange nord-américain, notamment, suscitent la prudence de la BdC.

Cette perspective n’inquiète pas que la BdC, confirme un sondage interne de l’Association des économistes québécois, réalisé en collaboration avec la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Des 170 membres de l’Association qui ont répondu, seulement 7 % croient que le Québec sortirait indemne de l’implantation de mesures protectionnistes américaines. Près de trois sur dix redoutent des conséquences négatives majeures, alors que près de six sur dix jugent que les effets néfastes sur l’économie seront atténués en partie par la forte intégration des économies nord-américaines.

Des préoccupations jugées fort valables par Desjardins, qui nous donne rendez-vous au prochain discours du gouverneur de la BdC, Stephen Poloz, prévu le 28 mars. Qui sait ce que l’actualité nous réserve d’ici là?

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