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La Banque Laurentienne offre ses prévisions économiques pour 2008

31 décembre 2007 | Commenter

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Selon l’économiste en chef et stratège pour la Banque Laurentienne (BL), Carlos Leitao, en 2008, l’économie canadienne connaîtra plusieurs des mêmes obstacles qu’en 2006 et 2007, mais ils seront aggravés par des prix de l’énergie beaucoup plus élevés, un dollar canadien plus vigoureux, une demande intérieure américaine plus faible et une volatilité inquiétante des marchés financiers. Les économies du Québec et de l’Ontario, avec leurs importants secteurs manufacturiers axés sur l’exportation, trouveront 2008 plus difficile que les deux années précédentes, tandis que l’Ouest canadien continuera de profiter de l’importante demande mondiale en ressources naturelles.

Pour 2008, la BL prédit que :
– la croissance économique aura un niveau moyen quelque peu inférieur à celui de 2007, soit 2,2 %. Elle devrait débuter lentement et prendre une vitesse modérée au deuxième semestre lorsque la baisse de la demande américaine aura atteint son creux et que l’inquiétude des marchés financiers s’apaisera;
– la production réelle montera de 2 % annualisé en première moitié de 2008, avant de reprendre quelque peu au second semestre (2,4 %) et en 2009 (2,6 %);
– le huard redescendra sous la parité avant la mi-2008 à cause du repli des prix du brut, du ralentissement de l’inflation, du recul de l’excédent sur marchandises et de légères baisses de taux par la Banque du Canada au début de l’année. Il atteindra 97,5 cents US à la fin 2008.

Selon des études empiriques, l’économie ne ressent entièrement les répercussions des fluctuations des devises qu’un an à un an et demi plus tard. Les exportateurs n’ont donc pas encore totalement absorbé la hausse du dollar canadien à partir de la valeur de 85 à 90 cents US qui prévalait entre le milieu et la fin de 2006. Ainsi, la correction du secteur manufacturier s’intensifiera de façon marquée pendant la première moitié de 2008 avec de nouvelles pertes d’emplois et de nouveaux stress financiers. Tandis que les manufacturiers endosseront la majorité des pertes, les exportateurs de matériaux, d’énergie et de biens agricoles devraient voir leurs activités augmenter modérément. « Le volume des exportations croîtra de moins de 2 %. En même temps, les importations sont en passe d’augmenter au rythme solide de près de 5 %, grâce à une robuste demande intérieure. Par conséquent, les exportations nettes devraient grandement freiner la croissance économique », prévoit M. Leitao.

D’un côté positif, le marché du travail devrait continuer d’obtenir d’assez bons résultats, les gains des secteurs de services compensant les pertes du secteur manufacturier. La création d’emplois totale devrait ralentir, comparativement au rythme effréné de 2007, et la solide croissance des salaires se poursuivra. En outre, le gouvernement fédéral adoptera une politique budgétaire expansionniste en 2008. Les coupures de l’impôt sur le revenu et des taxes à la consommation aideront à la transition et permettront à la demande intérieure de demeurer robuste.

Avec un tel scénario économique modéré, la Banque du Canada devrait maintenir le taux de financement à un jour stable à 4,25 % durant presque toute l’année. Toutefois, puisque l’intensification de la correction du marché résidentiel et les nombreuses turbulences des marchés financiers mondiaux pourraient faire durer l’incertitude économique à court terme aux États-Unis, le taux d’intérêt canadien pourrait être réduit en début d’année. De plus, comme les détaillants canadiens ont significativement amenuisé l’écart avec les prix américains, l’inflation tombera sous le taux cible de 2 % au premier semestre de 2008. Selon M. Leitao, ce contexte permettra la réduction du taux de financement à un jour à 4 % au début de 2008. Si les marchés financiers restent turbulents, il pourrait y avoir d’autres baisses mais qui devraient être rapidement inversées lorsque les conditions des marchés financiers s’amélioreront et que le ralentissement de la consommation aux États-Unis atteindra son plus bas niveau. L’économiste s’attend à ce que la Banque du Canada ramène rapidement le taux entre environ 4,5 % et 5 % en 2009.

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