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Payé 146 fois plus cher que ses employés

20 mars 2017 | La rédaction | Commenter

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avion_billet_argent_canadien_salaire_425La banque Scotia se distingue pour une deuxième année de suite par l’écart entre le salaire de ses hauts dirigeants et celui de ses employés, selon des données publiques compilées par le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC).

En 2016, le chef de la direction était payé 146 fois le salaire moyen des employés de la banque. C’est légèrement moins qu’en 2015 (151), mais cela place encore la banque Scotia en queue de peloton des banques canadiennes. Toutes les autres banques sont sous la barre de 100. La TD affiche le deuxième ratio le plus élevé, avec un 91 la situant tout de même assez loin de Scotia.

Suivent la CIBC (80), la Banque Nationale (78), la Banque Royale (76), BMO (65) et la banque Laurentienne (34). Cette dernière a d’ailleurs opéré un virage majeur à cet égard, avec un ratio chutant de 108 à 34 (-74) en un an, de loin la meilleure amélioration du groupe. À l’inverse, Banque Nationale a vu son ratio augmenter de plus 15 par rapport à l’année précédente.

LE POUVOIR DES ACTIONNAIRES… FRANÇAIS

Le MÉDAC milite depuis longtemps pour limiter les salaires des dirigeants d’entreprise, et surtout augmenter le contrôle des actionnaires sur ces rémunérations. L’organisme doit jeter un coup d’oeil intéressé ces jours-ci du côté de la France. En effet, une loi y est entrée en vigueur le 18 mars 2017, rendant contraignants les votes des actionnaires sur la rémunération des dirigeants de sociétés cotées en Bourse.

La loi Sapin 2 (du nom du ministre de l’Économie et des Finances français, Michel Sapin) paraît tout juste avant la saison des assemblées générales. Elle prévoit que les actionnaires devront, au moins une fois par année, donner le feu vert aux éléments fixes, variables et exceptionnels des rémunérations des dirigeants, ainsi que aux avantages de toute nature qui leur sont attribués.

DES PRIMES PLUS JUTEUSES AUX ÉTATS-UNIS

Pendant que le MÉDAC scrute les salaires des banques canadiennes, le quotidien économique français Les Echos constate un écart grandissant entre les primes des banquiers européens et celles de leurs collègues américains. Les bénéfices des banques américaines étant repartis à la hausse (+21 %) en 2016, elles semblent du coup avoir jeté aux orties leur projet de couper dans les primes et autres rémunérations variables. Les bonis devaient reculer de 10 % en 2016, selon le cabinet Johnson Associates, ce qui aurait porté à près de 40 % la baisse de ces rémunérations depuis la crise. Mais ils ont plutôt augmenté en 2016, l’enveloppe globale consacrée aux primes passant à 24 milliards de dollars (+2 %). Dans l’ensemble, le boni moyen par employé a été de plus de 185 000 dollars (encore loin des 254 000 $ de 2006).

Les directeurs généraux de cinq grandes banques américaines (Morgan Stanley, Goldman Sachs, BAML, Citigroup et JP Morgan) ont déclaré des bonis de près de 500 000 $ au 16 mars 2017. En Europe, leur contrepartie de Barclays, BNP Paribas, Credit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, Société Générale et UBS ont dû se contenter d’une moyenne de 330 000 $.

En Europe, Deutsche Bank prévoit couper 80 % de son enveloppe de rémunération variable, déjà réduite de 17 % en 2015. UBS (-17 %), HSBC (-12 %), BNP Paribas (-10 %), RBS (-8%) et Barclays (-1%) suivent le même mouvement. Cette tendance à la baisse proviendrait du plafond des bonis, instauré en Europe en 2015, mais surtout de moins bonnes performances comparativement aux banques américaines.

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