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Économie

La bonne performance des obligations, bonne ou mauvaise nouvelle?

1er mars 2012 | Denis Preston | Commenter

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En date du 31 décembre dernier, les rendements de l’indice obligataire universel DEX étaient de 9,67 % sur un an et de 6,49 % sur 10 ans. À titre de comparaison, les rendements de l’indice composé S&P/TSX étaient de (8,71 %) en 2011 et de 7,03 % sur dix ans, tandis que ceux de l’indice MSCI Monde  étaient de (3,20 %) en 2011 et de (0,94 %) sur dix ans.

Dans un portefeuille diversifié, les obligations peuvent jouer plusieurs rôles. Le premier rôle est de stabiliser la performance du portefeuille global, ce que les obligations ont bien réussi en 2011, malgré la période de turbulence que nous vivons. Ce rôle est surtout utile lorsque le client est en période d’accumulation. Un portefeuille équilibré composé de 50 % de l’indice obligataire universel DEX, de 25 % de l’indice composé S&P/TSX et de 25 % de l’indice MSCI Monde aurait généré (avant frais) un rendement de 1,9 % en 2011 et un rendement de 4,8 % sur dix ans.

Le second rôle des obligations est de procurer un revenu régulier. Ceci est particulièrement important lorsque le client est en période de décaissement, par exemple à la retraite. Puisque le rendement des obligations varie en sens inverse de la fluctuation des taux d’intérêt, une partie du rendement des obligations est donc provenue du gain en capital qu’ont procuré les baisses des taux d’intérêt. Malgré ce fait, le revenu des coupons (intérêts) a été intéressant en 2011 puisque le coupon moyen pondéré de l’indice obligataire était de 4,2 % au 31 décembre dernier.

Denis Preston, CGA, FRM, Pl. Fin., Formateur et consultant en gestion des risques.

Lorsque vient le temps de donner des conseils à des clients, le passé importe moins que l’avenir, alors que pourrait nous réserver ce dernier?

En matière de performance des obligations, il n’existe que trois scénarios possibles :

1. Les taux d’intérêt ne bougent pas ou presque
Si les taux d’intérêt sont les mêmes à la fin de l’année 2012 qu’au 31 décembre dernier, il n’y aura ni gain ni perte en capital dû à la fluctuation des taux. Le rendement total serait alors approximativement le rendement moyen pondéré à l’échéance de l’indice obligataire universel DEX, soit 2,3 % (avant frais). Ce rendement proviendrait du rendement des coupons, qui était de 4,2 % à la fin décembre, et d’une perte en capital d’environ 2 %. En effet, le gain en capital que procure une baisse de taux diminue au fur et à mesure que l’obligation se rapproche de son échéance. À l’échéance, l’émetteur remet au détenteur la valeur nominale de l’obligation.

2. Les taux d’intérêt baissent
Puisque la durée de l’indice était de 6,7 % au 31 décembre dernier, si les taux baissent de 1 %, le gain sur la baisse de taux sera donc d’environ 6,7 % plus approximativement le rendement moyen pondéré à l’échéance de l’indice, soit 2,3 %, pour un rendement total d’environ 9 %. Les obligations auront alors joué leur rôle de stabilisation du portefeuille. En effet, si les taux continuent de baisser, cela sera probablement dû au fait que l’économie ne va pas très bien et que la performance des actions aura été médiocre, probablement négative.

Cependant, cela signifie qu’à la fin de l’année, le rendement pondéré à l’échéance sera de 1,3 % seulement (situation à la japonaise). Autrement dit, plus les obligations jouent leur rôle de stabilisateur de portefeuille, c’est-à-dire plus les taux d’intérêt baissent, moins elles peuvent jouer leur second rôle, celui de procurer un revenu régulier.

3. Les taux d’intérêt montent
Si les taux montent de 1 %, cela entraînera une perte en capital d’environ 6,7 %. La perte totale sera moindre puisque, encore une fois, il faut ajouter le rendement moyen pondéré à l’échéance, soit 2,3 %. La perte totale sera donc approximativement de 4,4 %. Mais si les taux montent, cela sera probablement dû au fait que l’économie va mieux et que, possiblement, les titres boursiers auront réalisé une bonne performance.

Cela signifie aussi qu’à la fin de l’année le rendement pondéré à l’échéance de l’indice sera de 3,3 %. Autrement dit, moins les obligations jouent leur rôle de stabilisateur de portefeuille, plus elles peuvent jouer leur second rôle, celui de procurer un revenu régulier.

Conclusion
La bonne performance des obligations est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Cela dépend de la situation (période d’accumulation ou de décaissement) du client et de la perspective (court ou moyen terme) qu’il adopte.

À court terme, ce fut une bonne nouvelle, à moyen terme, c’est une mauvaise nouvelle. Le temps d’acheter des obligations à taux flottant serait-il arrivé?

Denis Preston, CGA, FRM, Pl. Fin., Formateur et consultant en gestion des risques.

Cet article est tiré de l’édition de mars du magazine Conseiller. Consultez-le en format PDF.

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