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La Bourse de Montréal inscrira ses actions à la cote en 2007

4 décembre 2006 | Commenter

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(04-12-2006)Après avoir déclaré à plusieurs reprises par le passé que ce n’était pas nécessaire, la Bourse de Montréal inscrira finalement ses actions à la cote d’une Bourse en mars ou en avril 2007. Au moment de mettre en ligne, elle ne pouvait indiquer quel parquet elle choisira.

La Bourse de Montréal veut ainsi mettre un terme aux discussions entourant sa valeur «tout en établissant clairement son statut public et les règles qui la régissent», a indiqué l’entreprise du square Victoria. En entrevue au Financial Post, Jean Turmel, un administrateur de la Bourse de Montréal, a été plus direct. Il a précisé que l’organisme cédait ainsi aux pressions de ses actionnaires. « Si ce n’était que du conseil d’administration, la Bourse de Montréal n’inscrirait pas ses action à la cote », a indiqué l’ancien haut dirigeant de la Banque Nationale du Canada.

C’est que plusieurs actionnaires, comme Dubeau Capital et Caldwell Investment Management, désirent vendre leurs actions afin de réaliser la valeur de leur placement dans la Bourse de Montréal. Mais à quel prix? « La Bourse de Montréal est une entreprise à capital ouvert mais non cotée. Les transactions d’actions se déroulent de manière privée. Nos mécanismes pour en fixer le prix ne sont pas les meilleurs », dit Jean-Charles Robillard, porte-parole de la Bourse de Montréal.

Ce flou a pour effet d’engendrer toutes sortes d’évaluations. Lorsque la Bourse de Montréal s’est démutualisée en 2000, ses actions ont été émises au prix de 4,50 $ l’unité environ. En octobre dernier, la firme BMO Nesbitt Burns estimait le cours à 76 $ par action. Une firme américaine de courtage le chiffrait à 54 $.

Certains analystes établissent la valeur marchande d’entreprises comparables à 38 fois le bénéfice net par action(BPA), note Jean-Charles Robillard. Pour les neuf premiers mois de 2006, le BPA de la Bourse de Montréal s’est élevé à 1,99 $ sur une base diluée. Le titre pourrait valoir au moins 75 $ si l’on suit cette méthode. La Bourse de Montréal refuse de confirmer si cette approche est raisonnable. « Le vrai prix sera celui que les investisseurs payeront lorsque le titre sera coté », insiste le porte-parole. Par ailleurs, il est appuie entièrement la stratégie commerciale mise en place par l’équipe de direction.

Claude Garcia est heureux de la décision de la Bourse de Montréal. « Elle était la seule à s’être démutualisée sans inscrire ses actions à une cote. Ça a causé des problèmes d’évaluation, comme vous le savez. » L’ex-pdg de Standard Life Canada, qui détient 40 000 actions de l’entreprise, consteste actuellement devant le Bureau de décision et de révision en valeurs mobilières(BDRVM)le prix d’une émission d’actions effectuée en mars 2005. Il soutient que l’institution aurait alors offert à ses employés 112 000 actions à 13,74 $ chacune. « Ce prix est nettement en-dessous de la valeur réelle à ce moment-là, dit Claude Garcia. L’action aurait dû valoir 23,12 $. Ce genre d’offre a un effet de dilution. » Il croit que, une fois cotée, l’action de la Bourse de Montréal pourrait valoir au moins 100 $.

Par ailleurs, il est appuie entièrement la stratégie commerciale mise en place par l’équipe de direction. « Quand la Bourse de Montréal s’est démutualisée, elle a dû revoir entièrement son plan d’affaire. Ce n’était peut-être pas le bon moment d’inscrire ses actions. Maintenant, le marché des produits dérivés connaît une croissance phénoménale. » Compte tenu qu’elle a plus de 300 actionnaires, le temps était venu d’aller en Bourse, dit-il.

La Bourse de Montréal fera une « inscription à la cote sans placement ». Cela signifie qu’aucune émission de titres, ni primaire ni secondaire, ne sera effectuée. « Nous n’avons pas besoin de capital externe pour financer nos activités et notre expansion. Nous avons 60 millions de dollars en liquidités et nous générons du cash flow », indique Jean-Charles Robillard.

Puisque aucun nouveau titre ne sera émis, comment les investisseurs intéressés pourront-ils se procurer des actions? Cela dépendra des actionnaires, dit Jean-Charles Robillard. Ceux qui voudront réaliser la valeur de leur placement offriront leurs titres au marché. Les investisseurs pourront alors négocier. Autrement, il faudra attendre.

Chose certaine, le marché sera étroit. La Bourse de Montréal n’a que 9,3 millions d’actions en circulation que se partargent 307 actionnaires. La Caisse de dépôt et placement, la Banque Nationale du Canada et UBS AG détiendraient chacune un bloc de 10 %. Les employés de la Bourse de Montréal en auraient 1,4 million. Quant à Luc Bertrand, pdg de la Bourse de Montréal, il en posséderait 165 000.

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