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La classe moyenne en perte de vitesse au Canada

25 février 2014 | La rédaction | Commenter

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Le rêve canadien n’est qu’un mythe et la classe moyenne doit hypothéquer son avenir pour se maintenir à flot, indique une étude interne du ministère fédéral de l’Emploi que La Presse canadienne a pu consulter en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Dans ce document, il est notamment précisé que « les salaires des travailleurs de la classe moyenne ont stagné entre 1993 et 2007 », en référence à la période étudiée par les experts gouvernementaux. Ceux-ci observent que « les familles de la classe moyenne sont de plus en plus vulnérables aux chocs financiers ». Et que les revenus des travailleurs dans cette catégorie ont augmenté de 1,7 % seulement au cours des quinze années couvertes par l’étude.

Rédigé à partir d’une recherche qui s’est échelonnée sur trois ans, ce rapport interne a été préparé pour le sous-ministre de l’Emploi, Ian Shugart, peu de temps avant la reprise des travaux parlementaires à l’automne dernier.

« Le marché ne récompense pas suffisamment les familles de la classe moyenne. En conséquence, la croissance de leurs revenus est de plus en plus limitée » par rapport aux familles aisées, expliquent les auteurs. Ils ajoutent que ces travailleurs obtiennent moins de soutien de la part du gouvernement en période de transition professionnelle, citant en exemple la baisse marquée de leurs prestations de chômage en comparaison avec d’autres groupes économiques.

Le rapport n’évalue pas les impacts de la crise financière de 2008, mais d’autres études ont déjà souligné que la récession avait entraîné des pertes d’emplois bien rémunérés pour les travailleurs du secteur manufacturier dans le centre du Canada, entre autres.

Qu’est-ce que la « classe moyenne »?

Les experts gouvernementaux soulignent aussi le taux élevé d’endettement des familles de la classe moyenne, affirmant que plusieurs d’entre elles vivent au-dessus de leurs moyens et « hypothèquent leur avenir pour maintenir leur train de vie actuel ».

« À moyen terme, il est peu probable que les Canadiens de la classe moyenne atteignent des échelles salariales plus élevées, ce qui signifie que le “rêve canadien” est plus un mythe qu’une réalité », concluent-ils.

Ce constat diffère largement de celui qu’avait présenté Ottawa dans son plus récent budget, déposé plus tôt en février. Le discours officiel des conservateurs met plutôt l’accent sur le fait qu’un million d’emplois ont été créés depuis la récession, que l’économie canadienne est relativement stable en comparaison avec d’autres pays industrialisés et que différents crédits d’impôts ont été octroyés aux familles « moyennes » depuis 2006.

Le Centre de recherche en économie domestique contemporaine « considère comme faisant partie de la classe moyenne l’ensemble des familles qui ont un revenu se situant entre 44 660 $ et 95 700 $ au Canada, et entre 40 110 $ et 85 950 $ au Québec ».

À partir des données de Statistique Canada, l’économiste québécois Pierre Fortin a calculé le pourcentage de familles canadiennes qui en font partie : 48 % au niveau national, et 52,3 % au Québec, indique l’Institut du Nouveau Monde.

À lire : Classe moyenne : beaucoup moins d’argent à la retraite?

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