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La « co-création », ou comment obtenir plus de rendement

15 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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Rendement_Bonification_Calcul_Calculatrice_V_425À l’heure où les rendements obligataires perdent de la valeur et où la liquidité du marché ne cesse de rétrécir, certains investisseurs institutionnels ont choisi de s’associer avec des gestionnaires d’actifs pour « co-créer » des solutions d’investissement.

C’est le cas de la société de gestion suisse Unigestion, établie à Genève. Son objectif? Concevoir des modèles de répartition d’actif pour contrer les risques du marché et tenter de générer un meilleur rendement pour ses (riches) clients.

Dans une analyse intitulée Co-création : une relation plus riche avec les investisseurs, Fiona Frick, directrice générale d’Unigestion, estime que « l’ancien modèle de gestion d’actifs est en bout de course » et que « les gestionnaires doivent aujourd’hui proposer un service plus global ».

« UN ENVIRONNEMENT COMPLEXE »

En entrevue avec Conseiller, elle souligne que les investisseurs institutionnels sont aujourd’hui confrontés à un environnement « particulièrement complexe », notamment en raison de la chute des rendements obligataires et de l’affaiblissement de ceux des actions. Or, c’est dans ce contexte de forte volatilité des actions et de faibles rendements qu’ils tentent de « générer des rendements satisfaisants ».

La répartition d’actifs vit de grandes transformations, explique la dirigeante. Les obligations, « qui jouaient dans le passé un double rôle de soupape de sécurité et de rendement au sein des portefeuilles », ont cessé de le faire. « La situation actuelle des taux d’intérêt fait que, finalement, leur rendement est négatif sur la plupart des marchés obligataires ».

Quant à la sécurité qu’elles apportent, ajoute Fiona Frick, « on peut se poser des questions compte tenu de l’extrême faiblesse des rendements ».

L’AVENIR EST AUX PRODUITS ALTERNATIFS

La solution? « Cela peut consister à choisir des produits alternatifs ou à employer d’autres stratégies, mais tout ceci est plus complexe à appréhender et exige davantage de suivi », explique Fiona Frick. D’autant que « les événements de marché négatifs sont de plus en plus fréquents en raison d’une baisse de la liquidité, du nombre réduit de teneurs de marché et de l’utilisation de plus en plus répandue du négoce automatisé », précise-t-elle dans son analyse.

Autrement dit, puisque les investisseurs « ne peuvent plus miser sur les mêmes recettes que par le passé », les modèles de répartition d’actifs doivent être réexaminés. Toutefois, souligne la dirigeante, dans l’environnement actuel, cette tâche n’est pas aisée.

ADIEU AU MODÈLE ACTIONS-OBLIGATIONS?

« Des années 1950 à la fin des années 2000, un portefeuille contenait souvent une grande part d’actions et une part presque aussi importante d’obligations, ce qui permettait de garantir de bonnes performances corrigées des risques. Mais aujourd’hui, les actions sont valorisées à un prix qui est à peu près en ligne avec leur moyenne historique, donc on ne peut en plus attendre énormément, sans parler des risques. Quant au marché des obligations, il n’a jamais été aussi bas depuis des dizaines d’années. »

Par conséquent, Fiona Frick croit que « ce n’est donc pas dans ces catégories d’actif traditionnelles qu’il sera possible de performer au cours des prochaines années, mais plutôt en se rabattant sur d’autres catégories moins classiques, comme les hedge funds, le private equity et le crédit, qui peuvent permettre à un investisseur d’obtenir un rendement plus aligné par rapport à ses objectifs de temps ou de risque ».

L’INTÉRÊT DE LA « CO-CRÉATION »

Pour y parvenir, la dirigeante d’Unigestion affirme cependant qu’il est « indispensable » d’avoir un nouveau modèle de gestion d’actif, qu’elle a baptisé « co-création ». En effet, elle juge que l’ancien modèle, dans lequel les investisseurs choisissaient leur répartition tandis que les gestionnaires se contentaient de gérer les actifs, est en « en bout de course ».

« Il s’agit de créer, en collaboration avec les clients, des solutions d’investissement répondant à leurs besoins », résume-t-elle.

« Plutôt que de faire pour eux, c’est faire avec eux. Auparavant, les clients exposaient leurs besoins au gestionnaire, puis ce dernier repartait chez lui, trouvait la solution dans son coin et, quand il avait fini, retournait les voir. Avec la co-création, au contraire, le gérant travaille en étroite collaboration avec ses clients. Ceux-ci lui exposent leurs attentes et ils travaillent avec lui pour trouver la meilleure solution. »

« UN MODÈLE PLUS INTÉRESSANT »

« C’est un modèle plus intéressant, où le client est engagé dans le processus de création au début, pendant et après, ce qui permet d’être sûr que ce qu’on lui propose correspond vraiment à ses besoins », conclut Fiona Frick.

À noter, toutefois, qu’une telle approche n’est possible qu’avec une clientèle stable, elle-même au fait des problèmes de gestion, des marchés financiers et des différents instruments utilisés.

Unigestion reçoit un prix Morningstar

Unigestion s’est vu décerner jeudi le prix Morningstar du Meilleur fonds d’actions suisses de grande capitalisation pour son fonds Unigestion Swiss Equities, annonce la firme dans un communiqué.

Les prix Morningstar récompensent dans plusieurs pays les fonds et groupes de fonds ayant signé la plus forte surperformance, sur une base ajustée du risque, en 2015 et sur le long terme.

Au 31 décembre 2015, Unigestion gérait 24,5 G$, dont 94 % pour le compte de plus de 270 investisseurs institutionnels et 6 % pour le compte de quelques familles fortunées.

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