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La Corpo, enfin!

27 octobre 2014 | Bruno Geoffroy | Commenter

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Luc Labelle, président et chef de la direction de la Chambre de la sécurité financière.

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Moment historique. Le 5 juin dernier, les 20 sections régionales de la Chambre de la sécurité financière (CSF) décident de se regrouper sous le chapeau juridique d’une seule association autonome : la Corporation des professionnels en services financiers.

L’autofinancement, un problème ?

Mais prendre la route de l’autonomie demande patience et préparation. La CSF financera la Corporation à hauteur de 1,8 million de dollars sur trois ans.

« [C’est un peu comme] un accompagnement à la manière de celui offert à l’adolescent qui quitte le nid familial pour un appartement. Au début, tu l’équipes avec un réfrigérateur puis, petit à petit, il apprend à voler de ses propres ailes », image Luc Labelle. À terme, la CSF économisera 500 000 $ par an environ, soit la somme correspondant à la subvention moyenne octroyée aux 20 délégations avant leur autonomie.

Luc Labelle voit d’un bon œil l’envol prochain de la CDPSF. « Potentiellement, 10 000 membres paient déjà pour de la formation offerte dans les sections régionales. En trois ans, la Corporation aura le temps de développer l’offre de services nécessaire à son autofinancement. C’est beaucoup moins risqué que de partir une nouvelle association de zéro. »

Pour réussir l’autofinancement de la CDPSF, Mario Grégoire envisage de proposer des tarifs privilégiés pour la formation continue et même de se rapprocher des entreprises et des agents généraux pour leur offrir des formations dispensées par l’organisme de formation de la CDPSF, l’Académie des professionnels en services financiers.

Puis, « nous irons chercher du financement par l’entremise d’ententes commerciales, que ce soit sur les assurances professionnelles, les biens de consommation ou culturels, les hôtels ou les centres sportifs. Autant d’avenues qui permettront de compléter notre gamme de privilèges commerciaux, de réduire les dépenses des conseillers et d’assurer notre pérennité », dit Mario Grégoire.

Une pérennité qui passe d’abord par des investissements de base. « Au-delà du financement des opérations, l’aide de la CSF nous a permis de mettre sur pied un site web avec possibilité d’inscription pour les membres et accès à un espace privé. Le site devient aussi transactionnel, puisqu’à compter de l’automne les inscriptions aux formations de l’Académie se feront en ligne. Fini le papier. L’Académie, vitrine de nos formations nationales et régionales, devient plus conviviale et moderne », indique Mario Grégoire.

Luc Labelle tient à rappeler que le financement sur trois ans est dégressif. « La dernière année, la CDPSF ne touchera que 250 000 $. C’est une manière de la mettre dans des conditions entrepreneuriales », précise-t-il. D’ailleurs, l’investissement sera suivi de près : il y aura une reddition de comptes au moins trimestriellement pour vérifier entre autres que les sommes allouées servent aux services décrits dans le plan d’affaires. En cas de dérives par rapport à l’entente établie entre la CSF et la CDPSF, des mécanismes de retrait ou de remboursement sont envisageables. Bien que cela soit peu probable, s’empresse-t-il d’ajouter.

Forte et solidaire

Si l’objectif de moderniser et de pérenniser la Corporation est clair dans l’esprit de Mario Grégoire, il revendique aussi le besoin d’une association forte.

« La revalorisation de la profession auprès du public est essentielle. Et elle se fera en se serrant les coudes et en s’appuyant sur les structures déjà en place au Québec (NDLR : AMF et CSF), qui nous permettent d’avoir peu de plaintes comparativement à d’autres provinces. »

Un appel à la solidarité et à l’unification de la profession qu’il adresse à toute l’industrie et notamment aux organisations indépendantes comme l’Association professionnelle des conseillers financiers du Québec, à qui la CDPSF a tendu la main récemment. Cette invitation à rentrer dans les rangs sera-t-elle suivie ? Au vu des dernières positions de son président, Flavio Vani, rien n’est moins sûr.

1905 :
Création de l’Association des assureurs vie du Canada sous l’impulsion des associations régionales de Québec et de Montréal.

1959 :
L’organisation devient l’Association provinciale des assureurs-vie du Québec (APAVQ).

1989 :
Le gouvernement confie l’encadrement de la profession à l’Association des intermédiaires en assurance de personnes du Québec (AIAPQ), successeur de l’APAVQ. Adhésion obligatoire des 15 000 individus qui pratiquent.

1999 :
La Chambre de la sécurité financière succède à l’AIAPQ.

2014 :
Naissance de la Corporation des professionnels en services financiers.

Source : Chambre de la sécurité financière

 
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Notre dossier sur les 15 ans de la CSF :

Ce texte est paru dans l’édition d’octobre 2014 de Conseiller. Cliquez ici pour consulter l’ensemble du numéro.

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