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La course aux CELI est ouverte

29 octobre 2008 | Commenter

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Les institutions financières mettent actuellement le paquet dans la promotion des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI). L’initiative la plus marquée revient à la banque virtuelle ING Direct qui porte à 6 % sur une base annualisée l’intérêt qu’elle verse sur les CELI qui seront ouverts entre le 4 octobre et le 31 décembre 2008. Puis, à compter du 1er janvier 2009, date officielle de l’entrée en fonction des CELI, elle ramènera son taux d’intérêt au niveau habituel, soit 3 % en date d’aujourd’hui.

Cela signifie qu’un consommateur qui aurait ouvert son CELI chez ING Direct le 4 octobre dernier en y cotisant le maximum permis pour 2009 (5 000 $) touchera une prime de 72 $ le 1er janvier prochain. « Les autres banques vous font attendre jusqu’en 2009, mais vous pouvez ouvrir votre Compte d’Épargne-placement libre d’impôt ING Direct dès aujourd’hui », clame-t-elle.

La Banque Scotia ne veut pas être en reste. Dans une campagne de publicité dans les journaux, elle propose à ses clients d’ouvrir un CELI dès maintenant afin d’être « parmi les premiers à profiter du nouveau compte d’épargne libre d’impôt ». Pour faire mousser sa promotion, elle offre un CPG de 18 mois au taux spécial de 3,75 % et un CPG de 30 mois à 4,50 %. Certes, les consommateurs peuvent se procurer immédiatement ces CPG afin de bénéficier des taux intéressants. Mais ils devront attendre au 2 janvier 2009 avant de les transférer dans leur CELI. Entre-temps, les intérêts gagnés seront assujettis à l’impôt.

Le Mouvement Desjardins offre à ses membres, « qui ne veulent pas attendre la dernière minute » pour cotiser dans un CELI, la possibilité de le faire dès aujourd’hui. Il les invite à déposer de l’argent dans un produit d’épargne, en vue de le transférer dans un CELI le 1er janvier prochain.

Même chose à la Banque Laurentienne, où les épargnants pourront ouvrir leur CELI à compter de jeudi prochain, ce qui leur permettra d’éviter une éventuelle ruée prévue pour le début de janvier. « Nous offrirons le CELI Tactique qui permettra à son détenteur d’obtenir sur un seul relevé le rendement de l’ensemble des placements qu’il y a faits », dit Manon Stébenne, porte-parole de la Banque Laurentienne.

Pour sa part, la Banque CIBC parle des CELI comme étant le « changement le plus spectaculaire au sein du système d’épargne canadien depuis le lancement des REER ».

Qu’est-ce qui fait courir les banques et le Mouvement Desjardins? Après tout, le plafond des cotisations aux CELI n’est que de 5 000 $ par personne admissible en 2009, et les contributions ne sont pas déductibles d’impôt. Ne risquent-ils pas d’être coincés avec une pléthore de petits comptes coûteux à gérer, comme on l’a parfois reproché aux régimes enregistrés d’épargne-études (REEE)?

Cela ne semble pas le cas. D’une part, l’accumulation des droits inutilisés sans limite de temps (contrairement aux REEE) permettra aux retardataires de faire d’importantes contributions dans l’avenir. Une personne qui ne cotise pas pendant 10 ans pourrait verser d’un coup 50 000 $ dans un CELI. De plus, la fructification des revenus à l’abri de l’impôt, la non-imposition des retraits et la possibilité de cotiser au CELI de son conjoint sans enclencher les règles d’attribution des revenus, notamment, en font un instrument d’épargne particulièrement souple.

Selon un rapport de Marchés mondiaux CIBC, environ 400 000 Canadiens à faible revenu qui cotisent actuellement à un REER ouvriront un CELI. Cela devrait se traduire par des cotisations cumulatives de 2,5 milliards de dollars provenant de ce groupe au cours des cinq prochaines années. D’ici 2013, dit Marchés mondiaux CIBC, les CELI généreront des épargnes additionnelles de 115 milliards de dollars.

« Nous croyons que les gens adopteront le CELI. Pour la gestion des dépôts à vue, ce sera utile. On pourra y déposer l’argent prévu pour les travaux de rénovation et les vacances, par exemple, le tout en franchise d’impôt », souligne Manon Stébenne.

Les campagnes de publicité tous azimuts séduiront-elles les consommateurs? Le 16 octobre dernier, un sondage réalisé pour le Groupe Investors révélait qu’un peu moins de la moitié (46 %) des Canadiens adultes envisageaient d’ouvrir un CELI. Seulement un sur six (17 %) prévoyait cotiser le montant maximal de 5 000 $.

Le sondage d’Investors mettait en relief le manque de connaissance des épargnants vis-à-vis des CELI. Il faut dire qu’à ce moment, les institutions financières commençaient à peine à lancer leurs réclames. On peut croire que le temps fera son œuvre d’éducation. Les conseillers auront également un rôle majeur à jouer pour expliquer à leurs clients les tenants et aboutissants des CELI.

D’ailleurs, les consommateurs comptent sur leurs conseillers pour leur présenter ce nouvel instrument d’épargne. En effet, 60 % des personnes interrogées par le Groupe Investors ont reconnu qu’elles feraient appel à un professionnel des services financiers pour ouvrir un CELI. « Si les gens investissent plus et en plus grand nombre, ce nouveau programme connaîtra un succès fabuleux. Espérons que le CELI devienne un incontournable pour tous les Canadiens », concluait le Groupe Investors.

Les institutions financières, elles, ne semblent pas douter que les consommateurs seront au rendez-vous.

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