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« La CSF a failli à sa mission »

22 mars 2016 | Rémi Maillard | Commenter

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destruction_demolition_coupe_argent_dettes_conseiller« Je ne serai pas triste si la Chambre de la sécurité financière disparaissait. Aujourd’hui, elle n’aide personne au sein de la profession », lance Flavio Vani, réagissant à l’éventualité d’une absorption de la CSF par l’Autorité des marchés financiers.

Interrogé par Conseiller, le président et porte-parole de l’Association professionnelle des conseillers en services financiers (APCSF) ne mâche pas ses mots.

Rappelant que l’organisation qu’il dirige réclame de longue date la suppression de la Chambre, il réaffirme « qu’un seul organisme s’acquitterait mieux et à meilleur coût de protéger le public ».

« DIRE QU’IL Y A DES GENS CROCHES, ÇA N’AIDE PAS »

« Nous croyons qu’elle s’est mal acquittée de ses responsabilités professionnelles. L’une de ses premières tâches aurait dû être de promouvoir la profession et de démontrer au public l’importance d’avoir un conseiller financier ». Or, soutient-il, ce n’est pas du tout ce qu’elle fait.

« Quand vous faites des publicités à la télévision et que vous dites au public de faire attention avec les représentants parce qu’il y a plein de gens qui sont croches, ce n’est pas une manière de faire avancer la profession. Ça n’aide pas, ça revient plutôt à dire : “ Faites attention, il y a plein de voleurs parmi nous ”. »

« Je ne crois pas que ça permette au public d’avoir confiance, au contraire. Imaginez que les banques commencent à dire la même chose et fassent des annonces du genre : “ Soyez prudent quand vous entrez chez nous, vous pourriez vous faire avoir parce qu’il y a plein de conseillers dans nos succursales qui ne sont pas compétents ”. Que pensez-vous qu’il arriverait? »

QUELLE MISSION DE FORMATION?

Par ailleurs, souligne Flavio Vani, la mission originelle de la Chambre était aussi d’offrir une formation de base aux conseillers, un objectif qu’elle aurait progressivement délaissé « pour se concentrer sur des activités de police ».

« Le fait d’avoir une matraque et de poursuivre les membres n’aide pas la profession à aller mieux et à se développer. Ce n’est pas parce que la Chambre joue à la police que c’est utile. Regardez l’âge moyen des représentants aujourd’hui, spécialement les indépendants, qui ont tous autour de la cinquantaine! »

« Poursuivre bien du monde, parfois pour des niaiseries, ça n’a pas aidé non plus, ajoute le patron de l’APCSF. Quand vous faites payer des amendes de 5 000, 6 000 ou 10 000 $ pour ne pas avoir demandé un renseignement à un particulier, et sans que cela ait causé de problème, ça augmente le nombre de personnes qui n’ont plus confiance. »

« Et en plus, quand elle vous poursuit, vous vous faites aussi poursuivre par l’Autorité. Donc, il arrive qu’une même personne soit poursuivie et écope d’une amende à titre personnel et ensuite pour son cabinet. Parce que je rappelle que plusieurs représentants ayant un cabinet multidisciplinaire travaillent seuls et ceux-là se font poursuivre deux fois. »

Sa conclusion? Manier le bâton « ne stimule pas la profession et ne permet pas mon plus d’éliminer le fait qu’il y aura toujours des fraudeurs ».

« LA CSF A FAIT SES PREUVES »

« La CSF est un organisme qui a fait ses preuves et inspire d’ailleurs d’autres juridictions au Canada, se défend Me Marie Elaine Farley, sa présidente et chef de la direction. Au cours des dernières années, nous avons multiplié les initiatives pour préserver le professionnalisme de nos membres en les soutenant dans leur pratique. À titre d’exemple, le cours en conformité de la Chambre, qui a d’ailleurs obtenu un taux de satisfaction de 94 %. »

« La protection du public et la mise en application des règles déontologiques permettent aussi d’assurer l’intégrité de la profession et du travail des membres de la CSF. Le public a tout intérêt à faire affaire avec un conseiller dûment inscrit, bien formé et encadré par un organisme indépendant comme le nôtre », termine-t-elle.

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