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Épargne

La dette des Canadiens gonfle encore

19 mai 2016 | La rédaction | Commenter

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tirelire_epargne_dettes_4251L’endettement moyen des consommateurs canadiens (hors hypothèque) a atteint 21 348 dollars au premier trimestre, soit une progression de 2,7 % par rapport à la même période l’an dernier, selon un rapport publié hier par TransUnion.

Plus précisément, leur niveau d’endettement a été de 19 538 dollars dans le domaine des prêts automobiles (+2,12 % comparé à 2015), de 3 764 dollars pour les cartes de crédit (+1,8 %), de 23 591 dollars en ce qui concerne les prêts remboursables par versements (+4,83 %) et de 29 656 dollars pour les marges de crédit (-0,54 %).

HAUSSES LES PLUS FORTES AU QUÉBEC ET EN ONTARIO

L’augmentation a été particulièrement notable dans les régions des champs pétroliers de l’Ouest, mais ce sont l’Ontario et le Québec qui ont connu les plus fortes hausses. Les niveaux de dette ont augmenté pour la plupart des produits, à l’exception des marges de crédit, qui ont enregistré une baisse moyenne du solde d’un demi point de pourcentage.

« Sur le front de la dette, les soldes moyens ne se sont pas beaucoup déplacés si l’on prend en compte l’ensemble des Canadiens. Toutefois, si l’on segmente par niveaux de risque, on découvre un glissement progressif où les consommateurs de « subprime » augmentent leur part de la charge de la dette par rapport à la population à faible risque », commente Jason Wang, directeur des recherches et des analyses pour TransUnion au Canada.

Rappelons que le crédit subprime est accordé à des emprunteurs considérés moins fiables, dont on exige en compensation un taux plus élevé.

« Pour les cartes de crédit, par exemple, le solde moyen national n’a augmenté que de 1,8 % par rapport à l’an dernier, mais le taux de croissance des cartes « subprime » a été de 5,7 % », précise l’analyste. Celui-ci souligne par ailleurs que même si leurs détenteurs « ne constituent pas la majeure partie des utilisateurs de crédit au Canada », TransUnion « compte bien surveiller de près cette tendance ».

L’OUEST AFFECTÉ PAR LA CHUTE DE L’OR NOIR

Dans le cas des taux de défaillance sur les prêts, TransUnion relève qu’il existe deux groupes distincts : les provinces pétrolifères et le reste du pays. La firme indique avoir constaté une augmentation « importante » de ce phénomène dans les premières, spécialement en Alberta et en Saskatchewan, et elle prévoit que « la situation se poursuivra au cours des prochains trimestres ».

Bien que le taux national de défaut de paiement grave (le ratio de tous les soldes impayés après 90 jours ou plus pour tous les types de prêts non hypothécaires) ait progressé d’environ 3 %, passant de 2,45 % au 1er trimestre 2015 à 2,52 % cette année, certaines des provinces les plus peuplées, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, ont au contraire enregistré une baisse.

Enfin, TransUnion note que les défauts de paiement sur les cartes de crédit au pays ont crû de plus de 14 % entre les trois premiers mois de 2015 (1,81 %) et la même période cette année (2,06 %). Malgré cette hausse, le phénomène demeure toutefois à des niveaux considérés « normaux ».

Gare aux bulles d’endettement, prévient un ex-patron du FMI

Quel est le point commun des bouleversements financiers qui ont secoué le monde depuis un demi-siècle? Les bulles d’endettement, répond Jacques de Larosière dans Cinquante ans de crises financières (Éditions Odile Jacob), publié la semaine dernière. Il résume sa pensée dans une entrevue accordée au Monde, reprise par Le Devoir.

« Toutes les crises financières sont le résultat d’une bulle d’endettement, qui finit par éclater avec fracas, explique cet ex-patron du Fonds monétaire international et de la Banque de France. C’est, là aussi, l’un des effets secondaires du “non-système” monétaire où nous sommes depuis 1973 : il encourage la dette! Auparavant, les États étaient contraints de limiter leur endettement pour être en mesure de maintenir un taux de change stable. Mais ce garde-fou a disparu. »

DES POLITIQUES MONÉTAIRES NÉFASTES?

Crise de 2008, fuite des capitaux au Brésil, envolée de la dette en Europe… « Tous ces maux sont le fruit du chaos régnant sur le système monétaire depuis les années 1970, affirme l’économiste. Celui-ci se dit par ailleurs sceptique quant aux politiques monétaires menées par les banquiers centraux qui risquent, selon lui, de contribuer à la formation de bulles.

Il estime en effet que « si les causes profondes de la modération des prix ne relèvent pas de l’action des banques centrales, les outils qu’elles utilisent aujourd’hui pour relancer l’inflation, tels que les rachats massifs de dettes publiques, posent question », car la liquidité qu’elles créent pour atteindre leur objectif risque de participer à « la formation de bulles de crédit ».

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