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La Deutsche Bank va supprimer 15 000 postes

3 novembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Dans le cadre de la restructuration lancée par son nouveau patron, le Britannique John Cryan, la Deutsche Bank va supprimer plusieurs milliers de postes et se retirer de 10 pays, rapporte l’Agence France-Presse.

« Nous allons supprimer 9 000 postes », a déclaré le PDG du groupe bancaire allemand lors d’une conférence de presse organisée jeudi à Francfort.

Ces suppressions d’emplois salariés à plein temps se feront de « manière juste », a-t-il promis, précisant que 4 000 d’entre elles concerneraient les activités de la banque en Allemagne même, où 200 de ses filiales doivent être fermées au cours des prochaines années.

OBJECTIF : ÉCONOMISER 5,5 G$

Le géant européen a également annoncé son intention de mettre fin à ses activités en Argentine, au Chili, au Mexique, au Pérou, en Uruguay, au Danemark, en Finlande, en Norvège, à Malte et en Nouvelle-Zélande.

Enfin, le groupe va abolir quelque 6 000 postes de consultants extérieurs et céder, en 2016 et 2017, des actifs représentant l’équivalent des salaires de 20 000 personnes à plein temps.

Au total, la Deutsche Bank entend ainsi réaliser 3,8 milliards d’euros (5,5 G $) d’économies d’ici à 2018.

Le « grand ménage » que John Cryan avait appelé de ses vœux lorsqu’il avait pris ses fonctions l’été dernier se concrétise donc. « Malheureusement, a-t-il déploré, ces changements impliquent la fermeture de certaines de nos branches et de nos activités dans certains pays, ce qui entraîne une réduction de personnel. »

PAS DE DIVIDENDE EN 2015 ET 2016

L’AFP souligne que cette restructuration doit permettre de redresser le groupe, qui a accusé une perte nette record supérieure à six milliards d’euros (8,7 G$) au troisième trimestre.

Pour compenser ce résultat catastrophique et assainir son bilan, celui-ci vient d’ailleurs d’annoncer qu’il ne versera aucun dividende à ses actionnaires en 2015 et en 2016. Depuis sa refondation après la Seconde Guerre mondiale, en 1952, cela ne s’était jamais produit.

Selon John Cryan, ces mauvaises performances sont dues aux frais importants générés par les nombreuses procédures judiciaires visant l’établissement bancaire, et aussi au fait qu’il doit fortement déprécier la valeur de sa banque d’investissement afin de pallier le durcissement de la réglementation financière européenne.

RATIO DE CAPITAL DE 12,5 % EN 2018

Avec la suppression des dividendes 2015 et 2016, la Deutsche Bank escompte ramener ses actifs pondérés en fonction des risques à environ 320 milliards d’euros (462 G$) d’ici à la fin de 2018, contre 416 milliards (600 G$) à la fin du mois de juin.

Elle entend par ailleurs faire passer ses dépenses ajustées de 27,7 milliards d’euros (40 G$) en 2014 à moins de 22 milliards d’euros (32 G$) d’ici à 2018, et arriver à un ratio coûts-revenus de 70 % en 2018, comparativement à 84,3 % à la fin juin.

Enfin, elle affirme viser un ratio de capital de 12,5 % d’ici à trois ans alors que, toujours en juin, celui-ci était de 11,4 %.

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