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La Fed connaîtra un « important changement de garde »

16 février 2017 | La rédaction | Commenter

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eserve_federal_USA_etats-unis_fed_425La récente démission de Daniel Tarullo, l’un des gouverneurs de la Réserve fédérale, n’est « que le début du changement de garde auquel on assistera à la Fed », estime Desjardins dans une note économique publiée hier.

Jimmy Jean, l’économiste principal du Mouvement, y rappelle que le comité de politique monétaire américain est composé de 12 membres, dont sept appartiennent au Conseil des gouverneurs de la Fed, notamment sa présidente et son vice-président, tandis que les cinq autres sont les présidents des banques régionales de la Réserve.

Si ces derniers sont nommés par le conseil d’administration respectif de ces banques, les sept autres membres du Conseil des gouverneurs sont en revanche désignés par le président des États‐Unis, avant d’être confirmés par le Sénat.

REMANIEMENT IMPORTANT EN VUE?

Lorsque Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche le 20 janvier, deux postes de gouverneurs étaient vacants. La nomination de leurs remplaçants par l’administration Obama était bloquée par les sénateurs républicains. « Maintenant que le président est républicain et que ce parti contrôle les deux chambres du Congrès, il pourrait y avoir moins d’embûches pour regarnir le Conseil », estime Jimmy Jean.

Pour commencer, le départ de Daniel Tarullo permettra à Donald Trump de sélectionner trois nouveaux gouverneurs, explique-t-il. Toutefois, le processus de renouvellement ne s’arrêtera pas là, puisque le mandat de la présidente de la Fed Janet Yellen, ainsi que celui de son vice-président Stanley Fischer, expirent respectivement en février et en juin 2018.

Ils pourraient en théorie demeurer au Conseil pour terminer leur mandat de gouverneurs qui, lui, dure jusqu’en 2024. Jimmy Jean précise cependant qu’« il est plus courant de voir les personnes qui occupent ces rôles [de président et vice-président] quitter la Fed après coup ». Par conséquent, « d’ici deux ans, on peut envisager un Conseil des gouverneurs composé de cinq nouveaux membres, tous choisis par Donald Trump, et peut-être même plus si [les gouverneurs] Lael Brainard ou Jerome Powell décidaient de quitter », poursuit-il.

« FORT POTENTIEL DE VOLATILITÉ »

Si un tel scénario se concrétise, la composition du Conseil pourrait donc « changer radicalement au cours des prochains trimestres », prévoit l’économiste en chef de Desjardins. Mais jusqu’à présent, « les opinions de Donald Trump sur la Fed et la politique monétaire ont été plutôt évasives », même s’il est clair qu’il affiche « un dédain des préceptes économiques conventionnels, ainsi qu’une volonté de déréglementer ».

Si Jimmy Jean juge qu’il est impossible de prévoir comment cette approche orientera les choix du nouveau président, il affirme cependant que chacune des nominations qu’il effectuera représentera « une occasion pour les investisseurs d’évaluer la manière dont s’orienteront les principes directeurs de la politique monétaire américaine, ainsi que son rôle réglementaire ».

« Sans l’ombre d’un doute, il y a un fort potentiel de volatilité sur les marchés tout au long du processus de renouvellement à la Fed », conclut-il.

Les banques centrales dénoncent le protectionnisme

Depuis quelques semaines, les dirigeants de plusieurs banques centrales du monde s’inquiètent ouvertement d’une montée du protectionnisme et du populisme, rapporte l’Agence France-Presse.

Ainsi, Yves Mersch, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a récemment averti que « le protectionnisme ne mènera à rien d’autre qu’à une baisse de prospérité généralisée », tandis que la Banque centrale indienne diagnostiquait que « le commerce mondial reste ralenti en raison d’une tendance grandissante vers des mesures protectionnistes et des tensions politiques accrues ».

« NE PAS CONSTRUIRE DE BARRIÈRES »

De son côté, la Banque centrale du Brésil s’est montrée plus précise en affirmant que l’actuelle politique économique américaine rendait « la conjoncture économique mondiale particulièrement incertaine ». Un verdict confirmé par Philip Lowe, gouverneur de la Banque d’Australie, qui a déclaré que « la voie vers la prospérité libérale ne peut pas passer par la construction de barrières entre les uns et les autres ».

Ces propos sont tous survenus après l’entrée en fonction de Donald Trump, fervent partisan du protectionnisme avec son slogan « America first » (« les États-Unis d’abord »), souligne l’AFP, qui relève que « la plupart des grandes banques centrales prennent traditionnellement garde à se maintenir au-dessus de la mêlée politique ».

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