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La Fed ne devrait pas relever ses taux demain

27 octobre 2015 | La rédaction | Commenter

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Absence d’inflation, croissance en berne, dollar fort… Il est peu probable que la Réserve fédérale américaine décide d’une hausse des taux d’intérêt lors de sa réunion demain, estiment la plupart des analystes.

« Personne n’attend rien de la prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed en termes de mouvements sur les taux », résume pour l’Agence France-Presse l’économiste Joel Naroff, qui assure que les taux directeurs resteront proches de zéro, comme ils le sont depuis la fin de 2008.

« Les chances d’une hausse surprise des taux sont quasi nulles », a confirmé à l’AFP Paul Ashworth, de Capital Economics.

6 % DE CHANCE

De son côté, Reuters rapporte que, d’après le programme FedWatch de CME Group, les cambistes ne voient « qu’une probabilité de 6 % » pour que la banque centrale relève ses taux cette semaine, et « de 39 % » pour qu’elle se décide en décembre.

Toutefois, l’agence précise que le communiqué qui sera publié demain « sera étudié de près par les intervenants », car ceux-ci voudront tenter de se faire une idée de la date à laquelle l’institution optera pour un relèvement.

Depuis la dernière réunion de la Fed le mois dernier, à l’issue de laquelle elle avait choisi de prolonger le statu quo monétaire, « la croissance de l’emploi s’est affaiblie, de même que les données économiques », explique Paul Ashworth.

SIGNAUX CONTRADICTOIRES

Au cours des semaines écoulées, les responsables de la banque centrale se sont montrés divisés quant au relèvement des taux, rappelle l’AFP. « Ils ont envoyé des signaux tellement contradictoires que c’en est devenu une source de confusion pour les marchés », jugeait récemment un ancien membre du Comité monétaire de l’institution.

D’un côté, Janet Yellen et son bras droit, Stanley Fischer, continuent de prévoir un relèvement des taux directeurs « avant la fin de l’année », en fonction du redressement du marché de l’emploi, note l’agence de presse.

Mais de l’autre, souligne-t-elle, « deux poids lourds du Comité, les gouverneurs Daniel Tarullo et Lael Brainard, ont fait entendre leurs doutes et prôné davantage de patience ». En effet, ils redoutent que les bas coûts de l’énergie, la hausse du dollar et le ralentissement observé notamment en Europe et en Chine n’empêchent l’inflation d’atteindre l’objectif de 2 % visé par la Fed.

VERS UN RELÈVEMENT EN MARS?

Dans ce contexte, les observateurs sont partagés, relève l’AFP. « Est-ce le niveau du dollar qui va faire la loi? », s’interroge par exemple Joel Naroff, qui évalue à une chance sur trois la possibilité qu’une hausse des taux intervienne en décembre.

Mais plusieurs experts « misent sur un relèvement des taux en mars seulement », indique l’AFP. « Il faut vraiment [que les dirigeants de la Fed] soient plus clairs dans leur communication sur l’importance qu’ils portent à l’inflation, à la croissance mondiale et aux marchés émergents », conclut M. Naroff.

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