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La finance : extension de la psychologie humaine?

12 avril 2013 | Commenter

La Bourse est l’une des plus belles créations financières et elle s’avère simple quand on la comprend bien.

La plupart des sciences sont directement issues de l’observation de la nature, et d’autres, comme la religion et la finance, sont la création de l’homme.

La finance est abstraite, et elle s’est complexifiée depuis l’aube des civilisations. Naissant grâce au principe du troc de marchandises, un système de monnaie a été inventé au fil du temps. Vers la fin du Moyen-Âge, les Médicis étaient les premiers banquiers organisés et ils finançaient les royaumes européens.

La finance est vraiment devenue complexe en 2007, avec l’apparition de produits compliqués et flous issus de l’imagination d’une poignée de personnes, et qui ont engendré l’éclatement d’une bulle financière internationale sans précédent.

Depuis des décennies, l’augmentation de la valeur des titres financiers de toutes les catégories a surpassé celle de l’économie réelle. Un jour ou l’autre, il fallait s’y attendre, car tout écart fondé sur de la spéculation finit par fondre. L’économie nord-américaine a souffert de cet éclatement, mais les plus grandes victimes sont les pays européens. Les importantes crises financières affaiblissent les économies pour au moins une décennie.

Tant que la finance sert d’outil pour bien représenter la valeur des biens, ce concept est adéquat. Mais le cerveau humain en veut plus, car la convoitise stimule l’imagination. C’est alors que les ingénieurs financiers ont le mandat de créer des outils de marketing pour commercialiser des produits complexes.

Les fondements de la Bourse sont pourtant simples, et la création du capital-actions est l’une des plus belles réalisations financières, à mon avis.

Toutefois, les banquiers savent que certains investisseurs sont influencés par l’appât du gain et qu’ils éprouvent une grande anxiété quand ils doivent subir des pertes financières. Le simple fait d’avoir le pouvoir de passer à l’action en utilisant son clavier peut générer plus de transactions afin d’acheter davantage s’il y a une hausse, créant ainsi un effet moutonnier, ou de vendre massivement s’il y des baisses des prix des titres boursiers.

Plus les transactions sont faciles, par l’entremise de l’investisseur ou de son conseiller en placement par exemple, plus il est difficile de gérer avec rigueur les placements et de rester fidèle à sa stratégie de planification initiale.

Malheureusement, la gestion financière devient de plus en plus émotive et s’éloigne des raisons fondamentales et simples de l’investissement. L’avancée technologique contribue à agir sur des coups de tête et à court terme.

La spéculation a encore de beaux jours qui l’attendent. Les conseillers en placement ont la tâche laborieuse de modérer les impulsions de leurs clients, en leur expliquant les notions élémentaires et raisonnables de l’investissement dans les actions.


William-André Nadeau est chroniqueur financier. Il publie aux deux semaines un billet traitant des marchés, de placements et de gestion.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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