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La finance nuit-elle à la productivité?

1er juin 2016 | La rédaction | Commenter

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tirelire_epargne_dettes_4251La finance serait-elle en partie responsable du ralentissement de la productivité de l’économie mondiale? C’est ce que se demande l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport publié mardi.

Elle s’inquiète de la chute de productivité qui frappe depuis le début des années 2000 les pays industrialisés membres de l’OCDE, baisse aussi observée récemment dans les marchés émergents. Dans son rapport, intitulé L’articulation entre productivité et inclusivité, elle revient sur les causes possibles de ce ralentissement et suggère quelques pistes de solutions.

L’organisme international soutient notamment que les inégalités en termes de revenu, de patrimoine, de bien-être et d’occasions ont augmenté dans la majorité des pays et que cela pèse sur la croissance de la productivité.

LA FAUTE DE LA FINANCE?

L’OCDE ajoute que « le poids croissant de la finance dans l’économie mondiale pourrait avoir détourné l’investissement des activités productives et provoqué une plus forte concentration de la richesse au sommet de la distribution des revenus. »

« Des données factuelles montrent que la financiarisation de l’économie a aggravé les inégalités et mis à mal le potentiel productif des petites entreprises et des catégories à faible revenu » peut-on lire dans le rapport.

En effet, l’investissement étant détourné vers les activités financières, les PME et les particuliers moins bien nantis semblent avoir de la difficulté à accéder au crédit.

DES MARCHÉS FINANCIERS PLUS INCLUSIFS

L’organisation propose d’instaurer des mesures visant à rendre les marchés financiers plus inclusifs, notamment pour assurer un financement adéquat aux PME à forte croissance, et de favoriser l’accès au capital-risque sous de nouvelles formes.

Cela pourrait passer par des innovations pour augmenter le nombre d’instruments de financement à la portée des PME, mais elles devront être encadrées pour protéger les investisseurs.

L’OCDE va plus loin en demandant aux États de limiter les subventions implicites et explicites aux institutions financières et de réduire leurs avantages fiscaux.

« Les garanties accordées aux institutions financières systémiques ne sont pas seulement susceptibles d’accroître la « prime salariale du secteur financier », ce qui contribue aux inégalités, mais pourraient aussi engendrer une augmentation de l’encours de prêts bancaires « subventionnés », à moindre coût, bénéficiant en général davantage aux ménages aisés », conclut le rapport.

Plutôt que d’avantager les institutions financières, les politiques publiques devraient viser à réduire les obstacles à l’accès à l’épargne, au crédit et à l’assurance, notamment dans les populations les plus vulnérables économiquement.

Cela passe aussi par un effort pour augmenter la littératie financière de ces personnes et de tous les nouveaux consommateurs de produits financiers. L’OCDE va jusqu’à proposer de les rejoindre dans les écoles ou sur leur lieu de travail, afin de dispenser des formations et communiquer des informations sur les produits financiers qui leur conviennent le mieux.

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