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Justice

La Libye et Goldman Sachs s’affrontent au tribunal

14 juin 2016 | La rédaction | Commenter

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balance_justice_scale_425C’est hier que s’est ouvert à Londres le procès intenté par le fonds souverain libyen contre la banque américaine Goldman Sachs, que la Libye accuse d’abus de confiance et de corruption, rapporte Les Echos.

Les procédures doivent durer huit semaines et promettent d’être fertiles en rebondissements. Pour comprendre de quoi il retourne, il faut remonter à 2008, tout juste avant que la crise ne vienne martyriser les marchés financiers. Grande productrice de pétrole, la Libye crée la Libyan Investment Authority (LIA), un fonds souverain dont le rôle est d’investir l’argent tiré de l’or noir. Goldman Sachs est retenue pour conseiller les responsables du fonds.

Voilà maintenant que la Libye accuse la banque américaine d’avoir utilisé des moyens peu conventionnels, et encore moins légaux, pour obtenir ce contrat. Elle aurait notamment offert un stage de 13 mois, accompagné d’un salaire de 50 000 $US, à Haitem Zarti, le frère cadet de Mustafa Zarti, chef adjoint du fonds, ce que la banque nie avec véhémence.

Cette dernière est aussi accusée d’avoir organisé, au profit de responsables libyens, des soirées bien arrosées avec des jeunes filles, ainsi que de luxueux voyages au Maroc pour obtenir le contrat, rapporte Bloomberg.

UN TROU DE 1,8 G $US

L’affaire ne s’arrête pas là. L’état libyen reproche aussi à Goldman Sachs d’avoir profité de l’inexpérience des responsables du fonds, doté de 60 G$ US, pour les pousser à spéculer sur les dérivés de valeurs bancaires, entraînant des pertes estimées à 1,8 G$ US. Rien pour calmer l’ire des Libyens, la moitié de ces pertes est directement liée à des produits de Goldman Sachs.

De son côté, la banque affirme avoir été victime de la crise du crédit et de son impact sur les marchés et n’avoir commis aucun délit.

La LIA réclame aussi 1,5 G $US à la Société générale en compensation sur cinq transactions. Entre 2007 et 2009, la LIA a investi 2,1 G $US dans des obligations émises par la Société Générale et plusieurs de ses filiales. Selon la LIA, des paiements ont été effectués par la banque après chaque transaction à Leinada, une structure basée au Panama et dont Walid Giahmi, proche de Seif al-Islam Khadafi (le fils du tristement célèbre dictateur), dirigeait les destinées.

Ces sommes auraient été versées en échange de services-conseils prodigués par Leinada, mais la LIA indique n’avoir aucune preuve que les services ont bel et bien été fournis. Près de 60 M $US auraient ainsi été versés à M. Giahmi.

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