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La littératie n’est pas l’affaire des banques

25 janvier 2016 | Claude Couillard | Commenter

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enfant_ecole_apprendre_tableau_425.pngDans un communiqué de presse pour le moins incisif, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) se dit « sceptique face à l’objectivité des programmes éducatifs que destinent les banques aux petits investisseurs ».

Le texte, intitulé Prendre les gens pour des valises… d’argent, dénonce la prolifération, surtout en cette période de REER, des conseils d’investissement que diffusent les institutions financières à l’intention des épargnants. Le MEDAC y décèle un prétexte pour « boucler la boucle de la promotion de ses propres produits de placement ».

« Les programmes éducatifs que conçoivent les banques s’apparentent souvent davantage à des opérations de marketing qu’à des activités de nature pédagogique », déclare Normand Caron, directeur des programmes de formation du MEDAC, en entrevue avec Conseiller.

« Si vous aviez à suivre un cours dans le domaine de l’alimentation dans le but de manger plus sainement, par exemple, vous inscririez-vous à l’école de la chaîne McDonald’s? illustre-t-il. Les gens comprennent vite que l’information peut être valable, mais qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité des institutions [financières] à capter le marché et à proposer leurs propres produits. »

UNE FONDATION INDÉPENDANTE

Dans sa missive, le MEDAC, qui offre lui-même une formation sur les marchés financiers « neutre et indépendante de tout intérêt commercial » selon Normand Caron, lance deux messages aux institutions financières :

1. Les petits actionnaires et épargnants ne lisent pas les fils de communiqués de presse.

2. Ni les épargnants ni les journalistes ne sont assez crédules pour croire que vos conseils visent d’abord et avant tout l’intérêt des épargnants.

Au lieu que chacune ne crée son propre programme de littératie financière, les institutions devraient plutôt mettre leurs efforts en commun et les « canaliser à un endroit, poursuit-il, mettre sur pied et financer une fondation indépendante, à l’abri de tout objectif commercial. Et lui confier la responsabilité d’élaborer des programmes qui sont conformes à une certaine déontologie pédagogique ».

LA SCOTIA RÉAGIT

Dans son texte, le MEDAC illustre ses propos avec un récent communiqué de la Banque Scotia : Investir cette saison : trois conseils utiles. Il aurait pu s’agir de n’importe quelle grande institution financière, souligne Normand Caron. Elles sont nombreuses à multiplier ces messages, particulièrement en cette saison.

Interrogée par Conseiller, la Banque Scotia s’est défendue de verser dans le marketing.

« Pendant la saison fiscale, quand les Canadiens considèrent la variété d’options d’épargne disponibles, nous voulons leur rappeler l’importance d’obtenir des conseils financiers et de mettre en œuvre un plan qui les aide à atteindre leurs buts individuels », souligne Rick Roth, porte-parole de l’institution.

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