A A A
Dollar

La plus haute tour du monde annonce-t-elle une autre crise économique?

30 avril 2014 | Rémi Maillard | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

La tour Burj Khalifa, à Dubaï, est jusqu'à aujourd'hui la plus haute du monde.

La première pierre de la future tour la plus haute du monde a été posée dimanche, à Djeddah, en Arabie saoudite, rapporte Le Figaro. Durée prévue des travaux : quatre ans, pour un budget estimé à 1,2 milliard de dollars.

Haute d’un kilomètre, la Kingdom Tower dépassera de 173 mètres la Burj Khalifa, sa rivale des Émirats arabes unis, construite en 2010.

Selon les journaux saoudiens, elle abritera quelque 530 000 m2 (environ 5 700 000 pi2) de bureaux et appartements et nécessitera un demi million de mètres cubes de béton et 80 000 tonnes de métal.

« Indice gratte-ciel »

Cette prouesse technique constituerait-elle un mauvais présage pour l’économie mondiale? Le Figaro rappelle que selon l’« indice gratte-ciel » (Skyscraper Index), il existe une corrélation entre la construction de tours géantes et l’éclatement des bulles financières.

Élaboré en 1999 par Andrew Lawrence, analyste à la Dresdner Bank, cet indicateur pour le moins original est censé prédire les crises économiques en fonction de la hauteur des buildings. Autrement dit, la course vers le ciel de ces géants de béton et d’acier serait le signe avant-coureur d’une période de récession.

Une théorie peu orthodoxe, certes, mais qui repose sur l’étude de plus d’un siècle d’archives. Et comme l’observe le quotidien français, le résultat est troublant, car l’édification des bâtiments les plus élevés a effectivement souvent précédé ou accompagné les krachs et autres crises économiques majeures.

Ainsi, les constructions de l’Empire State Building et du Chrysler Building, à New York, ont été lancées au moment où l’Amérique sombrait dans la Grande Dépression. De même, le Wall Trade Center et la tour Sears de Chicago ont été inaugurés en 1973, en plein choc pétrolier. Quant aux tours jumelles Petronas, à Kuala Lumpur, elles ont vu le jour en 1998, au moment de la crise économique et financière en Asie du Sud-Est.

Mégalomanie

Comment expliquer ces coïncidences? Selon Andrew Lawrence, les gratte-ciel seraient tout simplement un symptôme d’une propension au mal-investissement, à la spéculation et à la croissance monétaire, explique Le Figaro.

Selon d’autres experts, leur démesure refléterait la mégalomanie de tous les acteurs concernés (chefs d’entreprise, promoteurs, investisseurs et municipalités).

« Ces tours deviennent progressivement un élément-clé de l’image de marque de la ville, des symboles de richesse économique », soulignait en 2009 le géographe-urbaniste français Gilles Antier dans la revue L’Histoire.

« L’apparition de tours de plus en plus hautes ou l’idée d’en construire des géantes seraient toutes deux le signe d’une bulle immobilière arrivée à son volume maximal et donc annonciatrice d’un retournement de conjoncture. Au Japon, les plus incroyables projets ont coïncidé avec le début de la grande récession du pays en 1992-1993 », précisait-t-il alors.

Loading comments, please wait.
Rogers médias numériques