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La rémunération des conseillers, un sujet tabou?

21 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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tirelire_gene_tabou_cachee_425Un très faible nombre d’épargnants osent poser des questions à leur conseiller financier au sujet de son mode de rémunération, rapporte le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC).

Pour appuyer ce constat pour le moins surprenant, le mouvement cite un article du magazine L’actualité, où le planificateur financier Jean Dupriez soutient que « moins d’une personne sur 50 ose aborder le sujet » des frais de gestion et des structures de frais avec leur conseiller.

Une discussion pourtant pertinente, d’autant plus qu’avec le Modèle de relation client-conseiller 2, les relevés de placement devront, à partir du mois de juillet, indiquer de façon précise les frais qui ont été payés par le client au cours de l’année, ainsi que son rendement.

PRENDRE LE TEMPS DE S’INFORMER

Pourtant, rappellent Jean Dupriez, le MÉDAC et l’Autorité des marchés financiers, le simple fait de lui demander comment il est rémunéré aiderait les investisseurs à déterminer et à comprendre, en fonction de sa réponse, si le représentant travaille dans l’intérêt de son client ou dans le sien.

Plus encore, écrit L’actualité, « cette information permet de comprendre ce que vous payez, directement ou indirectement, à votre conseiller ». Ces sommes, parfois déduites de vos placements, peuvent, à long terme, « en réduire le rendement de dizaines de milliers de dollars ».

« Tout le monde doit gagner sa vie et les conseillers financiers ne font pas exception. Le type de rémunération varie toutefois d’un expert à l’autre et d’un produit à l’autre. D’où l’importance de prendre le temps de comprendre les nuances », poursuit le magazine.

PESER LE POUR ET LE CONTRE

Une réponse claire peut aussi permettre de savoir par qui le conseiller est payé, ainsi que les avantages et les inconvénients de chaque mode de rémunération, précise le MÉDAC.

Ainsi, le mouvement souligne qu’« un conseiller employé et salarié au sein d’une institution financière peut n’offrir que des produits de son propre employeur au détriment des rendements ». De même, un professionnel « qui se verse des honoraires à partir des placements de ses clients peut à long terme en réduire le rendement ».

Par ailleurs, avertit le MÉDAC, « les rémunérations à la commission de suivi ou au pourcentage des placements par des fournisseurs et des gestionnaires de produits financiers et fonds communs de placement peuvent au minimum être perçues comme étant des apparences de conflits d’intérêts ».

L’IMPORTANCE DE NÉGOCIER

En matière de conseil financier, conclut le mouvement, mieux vaut « poser des questions, négocier et aller voir ailleurs quand la transparence n’est pas au rendez-vous ou que les attentes ne sont pas réunies ».

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