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La PSV à 67 ans : une mesure bien trop timide

18 avril 2012 | Saskia Ouaknine | Commenter

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La nouvelle règle d’admissibilité au programme de Sécurité de la vieillesse prévue dans le Budget 2012-2013 du gouvernement fédéral, selon laquelle l’âge du début des prestations passe de 65 ans à 67 ans, n’est qu’une « timide mesure » venant simplement réparer une « anomalie historique », estime l’actuaire indépendant Yves Guérard. L’auteur, qui déjà œuvré comme président du Groupe Sobeco et comme associé directeur général d’Ernst & Young Canada, défend ce point de vue dans un texte intitulé « Un nouveau paradigme pour la retraite », paru le 17 avril dans Le Point, le bulletin d’informations de l’Institut économique de Montréal.

Lorsqu’il a été constitué en 1952, rappelle M. Guérard, le programme de Sécurité de la vieillesse venait en aide aux personnes de 70 ans et plus. « C’est seulement à la fin des années 1960 que l’âge d’admissibilité aux prestations a été abaissé à 65 ans », même s’il était pourtant « illogique d’un point de vue de finances publiques que l’âge d’admissibilité diminue alors que l’espérance de vie augmente », peut-on lire sous sa plume.

Cette « anomalie » a pourtant été la norme parmi les pays membres de l’OCDE, comme le montre le tableau sur l’âge moyen d’admissibilité aux prestations publiques de retraite entre 1950 et 2050. On y constate que cet âge a décru progressivement entre 1960 et 2000, et que la courbe s’inverse également progressivement à partir de cette période-là. « L’Allemagne, l’Australie, le Danemark et les États-Unis ont entrepris de hausser l’âge d’admissibilité à 67 ans, tandis qu’il atteindra 68 ans en 2046 au Royaume-Uni », indique à titre de comparaison M. Guérard.

Un nouveau paradigme pour la retraite
L’auteur articule le cœur de son argumentation autour de l’idée selon laquelle il ne suffit pas de rehausser l’âge de l’admissibilité aux prestations de retraite, il faut complètement repenser notre conception de la retraite. M. Guérard en appelle à un nouveau paradigme : « Plutôt que de réformer les régimes publics de retraite chaque génération ou presque, une approche dynamique prévoyant que l’âge d’admissibilité aux prestations augmente automatiquement en fonction de la longévité pourrait être vue comme étant plus juste et plus facile à mettre en œuvre d’un point de vue politique. » En parallèle, un changement de culture d’entreprise doit s’effectuer et mener vers un meilleur équilibre entre vies professionnelle et personnelle, en favorisant notamment la retraite progressive. Ce modèle de société qui constitue « l’un des principaux défis des prochaines décennies », conclut l’auteur, assurera un meilleur partage des coûts liés à la longévité accrue entre les travailleurs aux deux extrémités du spectre de la vie active.

Téléchargez le texte original de l’auteur (format PDF)

 

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