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Épargne

La retraite plus chère que jamais

14 juillet 2017 | La rédaction | Commenter

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21328336 - portrait of shocked couple holding piggybank at homeLa retraite coûte de plus en plus cher aux Canadiens, et ce n’est pas seulement parce que le prix de certains produits d’utilisation courante a flambé ces dernières années à l’épicerie.

Dans un article du Financial Post, le planificateur financier Jason Heath énumère les quatre principales raisons qui expliquent pourquoi vos clients doivent mettre davantage d’argent de côté pour leurs vieux jours.

En cause, l’espérance de vie qui augmente, l’évolution des régimes de retraite, mais aussi les taux d’intérêt particulièrement bas et les frais de gestion relativement élevés par rapport aux rendements.

L’ESPÉRANCE DE VIE

Selon Statistique Canada, en 1992, l’espérance de vie canadienne à 65 ans était de 18 ans. À l’heure actuelle, un homme de 65 ans peut s’attendre à vivre pendant environ 21 ans. Et d’ici 2050, le Bureau du surintendant des institutions financières estime que les Canadiens de 65 ans auront une espérance de vie de 23 ans.

Autant d’années supplémentaires qu’il faut parvenir à financer, et ce, même si les Canadiens prennent leur retraite plus tard qu’auparavant. L’âge moyen de la retraite en 1992 était en effet de 62 ans, il est de 63 ans aujourd’hui et ne cesse d’augmenter.

Mauvaise nouvelle cependant, une année supplémentaire de travail peut ne pas compenser de manière adéquate une année supplémentaire d’espérance de vie. Le travail jusqu’à l’âge de 63 ans au lieu de 62 ne représente qu’une augmentation de 2,3 % des années de travail en supposant que l’on soit entré sur le marché du travail à l’âge de 18 ans. Or, une année supplémentaire d’espérance de vie sur une retraite de 23 ans est une augmentation de 4,3 % des années de retraite. Presque le double donc de celui d’une année supplémentaire de travail.

LES RÉGIMES DE RETRAITE

Un autre facteur contribuant à l’augmentation du coût de la retraite est la baisse du revenu de retraite provenant des régimes à prestations déterminées, du fait que de moins en moins d’entreprises offrent de tels régimes. Or ces régimes sont basés sur l’épargne forcée de la part de l’employeur comme de l’employé. Et il est bien connu que lorsqu’ils sont chargés d’économiser de manière autonome, les travailleurs renoncent souvent à faire des économies qu’ils jugent facultatives pour dépenser cet argent.

En 1977, 52 % des travailleurs canadiens étaient couverts par un régime à prestations déterminées ou à cotisation déterminée. En 2011, ils n’étaient plus que 37 %. Non seulement ces régimes ont diminué, mais les sommes allouées dans ces régimes, donc le revenu de remplacement, ont elles aussi diminué. Cela signifie une augmentation de l’épargne-retraite optionnelle et la tentation donc de satisfaire des envies d’achat spontané.

LES TAUX D’INTÉRÊT

Les taux d’intérêt ont eu tendance à baisser au Canada au cours des trente dernières années, et ce n’est pas la hausse de 0,25 % annoncée mercredi par la Banque du Canada qui va y remédier. Résultat, si les obligations d’épargne du Canada généraient un rendement de 19,5 % en 1981, elles offrent seulement 0,5 % d’intérêt aux investisseurs aujourd’hui.

Ainsi, au cours de la période de vingt ans se terminant le 31 décembre 2016, les bons du Trésor canadiens à trois mois ont généré un rendement sans risque de 2,4 % pour une inflation de 1,8 % sur la même période, ce qui était acceptable et tout à fait envisageable pour les investisseurs les moins tolérants au risque.

Mais avec les bas taux que nous connaissons depuis plusieurs trimestres, les rendements obligataires plafonnent aujourd’hui à 0,7 % quand l’inflation est à un niveau de 1,3 %. À titre comparatif, les gains estimatifs à long terme sur les marchés boursiers se situent dans la fourchette de 6 à 7 %.

Les obligations n’offrent donc plus un rendement compétitif par rapport à l’inflation d’une part, et aux actions d’autre part. Pour un investisseur prudent, cela signifie qu’il faut faire beaucoup plus d’économies pour financer sa retraite. Or, les études démontrent que plus les gens vieillissent, plus ils se tournent vers les obligations. Cela est nécessaire pour qui ne veut pas risquer de perdre toutes ses économies à la bourse, mais c’est aussi ce que les plus âgés d’entre nous préfèrent.

LES FRAIS DE GESTION DES PLACEMENTS

Les frais moyens des fonds communs de placement (FCP) canadiens étaient il y a 15 ans de 2,7 %. Depuis lors, ils ont largement baissé pour se situer aujourd’hui dans une fourchette de 0,5 à 2,2 %. Sauf qu’en raison de la baisse des taux d’intérêt, ces frais prennent en réalité une plus grande part des rendements des fonds. Cela est encore plus vrai pour les retraités, souvent plus prudents et ayant donc plus d’obligations – au rendement moins élevé – dans leur portefeuille.

Le conseil de Jason Heath aux épargnants canadiens? Faire appel à un planificateur financier qui va pouvoir regarder les finances personnelles sur le plan global, en y intégrant la retraite, et qui ne focalisera pas uniquement sur les produits d’assurance.

Enfin, comme bien souvent, il suffit de regarder chez nos voisins pour se consoler et se dire que la situation n’est pas purement canadienne mais bien mondiale. Une récente étude américaine révèle en effet que pour un retraité américain de 65 ans, le coût du financement d’un dollar de revenu « réel », c’est-à-dire un dollar de revenu futur ajusté à l’inflation, a doublé depuis 1980.

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