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Épargne

La retraite ne fait pas disparaître les dettes

26 août 2015 | La rédaction | Commenter

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À 65 ans, fini l’endettement? Pas pour un nombre croissant de retraités, pour qui dire adieu à la vie active libre de toute dette semble un idéal inatteignable, s’inquiète David Trahair, CPA, conférencier et auteur de cinq ouvrages sur les finances personnelles, sur le site de CPA Canada.

Même si les personnes âgées de 65 ans et plus ont généralement un niveau d’endettement moins élevé que les individus plus jeunes, une tendance préoccupante semble vouloir se dessiner : la proportion de retraités endettés a bondi de presque 60 %, passant de 27 % en 1999 à 43 % en 2012, selon un rapport de Statistique Canada.

Une autre étude, réalisée en 2015 par le syndic ontarien Hoyes, Michalos & Associates, corrobore ces résultats. Les aînés (60 ans et plus) et les préretraités (de 50 à 59 ans) sont les groupes d’âge qui affichent la progression la plus rapide du risque d’insolvabilité et de faillites.

La proportion de personnes insolvables de 50 ans ou plus ne cesse d’augmenter. Elle est passée à 30 % dans le rapport de 2015, alors qu’elle était de 27 % dans le rapport de 2013 couvrant la période 2011-2012.

LES CHAMPIONS DES DETTES NON GARANTIES

Cela dit, la personne insolvable moyenne demeure plus jeune : un homme marié et père de famille de 44 ans dont les dettes non garanties s’élèvent à 56 545 $, soit plus du triple du crédit à la consommation moyen au pays, qui est de 18 207 $ par adulte.

Pour autant, les aînés et les préretraités sont aujourd’hui ceux qui ont le plus de dettes non garanties. Ils sont en outre les seuls groupes d’âge dont l’endettement total a augmenté entre 2011 et 2012. En moyenne, les dettes non garanties des personnes de 50 ans et plus s’élèvent à 68 677 $, un écart de 21 % par rapport au débiteur moyen.

La situation est encore pire chez les 60 ans et plus, qui détiennent des dettes non garanties de 69 031 $, tandis que la plus forte hausse des dettes non garanties, soit 2,3 %, a été enregistrée chez les préretraités.

Pourquoi les retraités sont-ils de plus en plus endettés? Trois grandes raisons sont évoquées par l’étude de Hoyes, Michalos & Associates :

  • l’accumulation graduelle de dettes pour payer les frais de subsistance, pour répondre aux besoins de la famille de même que pour régler les frais médicaux;
  • la baisse du revenu à la retraite et l’emprunt de sommes supplémentaires pour couvrir les versements hypothécaires et les dettes non garanties;
  • le fardeau fiscal découlant de sources additionnelles de revenu, dont les rentes de retraite.

Les préretraités doivent de leur côté assumer les frais occasionnés par les études prolongées de leurs enfants et ceux engendrés par leurs problèmes de santé.

DES PRÊTS SUR SALAIRE ÉLEVÉS ET NOMBREUX

Pour faire face à ces nombreuses obligations financières, environ 39 % des aînés endettés ont continué de travailler en 2013, comparativement à 36 % en 2012. Et pour payer les soldes impayés de leurs cartes de crédit, qui ont souvent atteint leur limite, ils sont de plus en plus nombreux à avoir recours à des prêts sur salaire. Selon la même étude, presque un aîné sur dix (9 %) avait au moins un prêt sur salaire non remboursé au moment d’être déclaré insolvable. Bien que ce taux soit le moins élevé de tous les groupes d’âge, les aînés se retrouvent avec le plus de prêts sur salaire (3,7 en moyenne) et les prêts les plus élevés (3 693 $).

Parmi eux, 62 % étaient retraités et 35 % étaient âgés de plus de 70 ans. En effet, il est relativement facile pour les aînés d’obtenir des prêts sur salaire, car le revenu de retraite provenant du RRQ/RPC ou d’un régime d’employeur peut servir de garantie.

Par ailleurs, les aînés ont aussi une dette fiscale plus élevée que la moyenne, même en excluant les travailleurs autonomes. En effet, certains doivent payer de l’impôt supplémentaire pour la première fois, soit parce qu’ils ont touché un revenu d’emploi à temps partiel ou ont retiré des fonds de leur REER/FERR, soit parce que l’impôt retenu sur leurs rentes était insuffisant.

Conclusion : les aînés, du fait qu’ils bénéficient d’une source de revenu stable et qu’ils tiennent à rembourser leurs dettes, forment un groupe d’emprunteurs vulnérables de plus en plus nombreux. Qui a parlé de l’importance de la planification?

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