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La santé, un facteur de risque important pour la retraite

11 juin 2015 | Jean-François Parent | Commenter

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Au manque à gagner qui afflige le financement des régimes publics de retraite s’ajoute l’explosion des coûts des soins de santé.  

Ce mélange nocif pèse sur le financement de la retraite, expliquait lundi à Montréal une brochette d’experts réunis lors du colloque sur la retraite tenu dans le cadre du Forum économique des Amériques.

Les chiffres sont éloquents. Le poste budgétaire du système de santé canadien équivaut à 10 % du PIB du pays, selon les données compilées par les experts-conseils de McKinsey et Cie. Et selon celles de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les dépenses privées de santé au Canada oscillent autour de 3 % du PIB.

Cela signifie que près de 50 G$ sont dépensés chaque année par des particuliers en soins de santé au pays.

« Le problème n’est pas causé par le vieillissement de la population, assure Mark Pearson, responsable des politiques sociales à l’OCDE. Le problème est surtout que le système de santé n’est pas conçu pour gérer l’afflux de maladies chroniques, ou les multiples cancers qui affligent certaines personnes. »

Un système qui n’est pas viable

Ainsi, au Canada, « 5 % de la population consomme 65 % des soins de santé », explique le gestionnaire de fortune Michael Decter, président du cabinet torontois LDIC. Celui qui a été sous-ministre de la Santé en Ontario insiste sur le fait que les systèmes de santé ne sont pas viables économiquement.

Dans ce contexte, le meilleur conseil financier qu’on puisse offrir à un préretraité pourrait bien être d’investir dans un programme de conditionnement physique. « Si on ne revoit pas la santé dans un contexte de prévention, poursuit Mark Pearson, il est clair que de plus en plus de coûts devront être pris en compte par les retraités. »

Même les soins les plus « anodins » peuvent être exorbitants : les simples examens de routine pour les retraités coûtent par exemple entre 1500 $ et 3000 $ par année par personne, selon une étude des actuaires du cabinet Eckler.

Le capital de retraite y passe

Au Canada, rares sont les régimes de retraite privés qui offrent une couverture de soins de santé à leurs bénéficiaires retraités. Les ponctions dans le capital de retraite peuvent ainsi être importantes. Très importantes.

Sans oublier les conséquences d’un problème de santé qui surviendrait avant la retraite : un risque que les clients doivent absolument mitiger, comme l’expliquait la Sun Life dans nos pages plus tôt cette année.

Cela dit, « une majorité de Canadiens qui prennent leur retraite ont suffisamment de capital pour le faire, souligne l’expert en politique publique de l’Université de Calgary Jack Mintz. En termes de politiques publiques, il n’y a pas grand-chose que les gouvernements peuvent faire pour contrer l’explosion des soins de santé auprès des retraités, puisqu’il s’agit de risques assurables », conclut-il.

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