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La solvabilité des régimes de retraite a reculé en 2014

6 janvier 2015 | La rédaction | Commenter

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La solvabilité des régimes à prestations déterminées (PD) au Canada a diminué tout au long de 2014, selon un récent sondage mené par Aon Hewitt auprès de 449 régimes de retraite des secteurs public, semi-public et privé administrés par la firme.

Ce recul de près de trois points, dû à la diminution des taux d’intérêt à long terme, représente la première baisse annuelle de la mesure clé de la santé financière des régimes PD depuis 2011, précise le cabinet de conseil.

Toutefois, comparativement aux régimes de retraite traditionnels, les régimes qui s’étaient dotés d’une stratégie de réduction des risques en 2014 ont continué de mieux résister aux baisses des taux d’intérêt.

Un recul de 5,9 points

Résultat, leur ratio de solvabilité a connu des baisses plus modérées d’une année à l’autre, et s’est même amélioré au quatrième trimestre.

Le ratio de provisionnement médian sur base de solvabilité – la valeur marchande de l’actif du régime par rapport à son passif – s’établissait à 90,6 % au 31 décembre dernier, soit une baisse de 0,5 point par rapport au trimestre précédent terminé le 30 septembre, et d’une diminution de 2,7 points par rapport à la solvabilité au 31 décembre 2013.

Depuis le sommet de 96,6 % atteint en avril 2014, la solvabilité globale des régimes a reculé de 5,9 points, poursuivant ainsi la tendance vers une détérioration de la solvabilité des régimes amorcée au troisième trimestre de l’an dernier.

Au total, environ 18,5 % des régimes sondés étaient plus qu’entièrement provisionnés à la fin de l’année, comparativement à 23 % au trimestre précédent et à 26 % à la fin de 2013.

Vous avez dit ratio de provisionnement?

Le ratio de provisionnement sur base de solvabilité mesure la santé financière d’un régime de retraite à prestations déterminées en comparant l’actif total au passif total et en supposant la cessation du régime.

Selon Aon Hewitt, son ratio de solvabilité médian est « la représentation la plus exacte et à jour de la situation financière des régimes de retraite PD au Canada, car elle s’appuie sur une vaste base de données et reflète les caractéristiques précises, la politique de placement, les cotisations versées et les mesures d’allègement prises par le promoteur de chaque régime ».

« Volatilité considérable » des taux

Par ailleurs, Aon Hewitt note que les taux d’intérêt à long terme ont connu une « volatilité considérable » en 2014, avec une baisse globale de près d’un point de pourcentage.

Or, il a été démontré qu’en période de volatilité des marchés les régimes de retraite qui ont adopté une stratégie de réduction des risques atténuant en partie le risque de taux d’intérêt se comportaient mieux que ceux qui continuaient d’assumer le risque de taux d’intérêt.

Ainsi, un régime traditionnel (composé de 60 % d’actions/40 % d’obligations) ayant commencé l’année avec un ratio de solvabilité de 90 % l’aurait finie avec un ratio de 88,5 %.

En revanche, un régime en consultation active type ayant un ratio de solvabilité de 90 % au 1er janvier aurait terminé avec un ratio de 91,5 %.

Mieux gérer le risque en 2015

« Les régimes de retraite en consultation active ont généralement adopté une stratégie de réduction des risques, mise en œuvre par un tiers professionnel, qui optimise le risque lié au régime dans un contexte actif-passif », relève Aon Hewitt.

Pour nombre d’entre eux, cela a signifié « une plus grande diversification de la composante croissance de leur caisse et un ratio de couverture des taux d’intérêt plus élevé », précise le cabinet de conseil. Avec, à l’arrivée, « une meilleure protection contre la volatilité des marchés boursiers et contre la baisse des taux d’intérêts ».

« La performance des régimes PD au Canada illustre la rapidité avec laquelle le paysage de la solvabilité peut changer en réponse à la volatilité des marchés financiers. Les régimes qui sont demeurés exposés aux taux d’intérêt ont subi une véritable raclée en 2014 », observe Claude Lockhead, de la division Retraite et gestion de placements d’Aon Hewitt.

Pour 2015, poursuit-il, « la seule certitude, c’est l’incertitude », ce qui « devrait inciter tous les promoteurs à évaluer leurs stratégies de provisionnement et de placement en vue de mieux gérer le risque ».

Nouvelles tables de mortalité

Une approche qui se révélera d’autant plus nécessaire, assure l’analyste, avec la promulgation imminente de nouvelles tables de mortalité pour le marché canadien, qui, lorsqu’elles seront appliquées, « pourraient avoir une incidence négative importante sur la solvabilité des régimes ».

Selon Aon Hewitt, ces nouvelles estimations de longévité risquent en effet d’entraîner une baisse de plus de quatre points du taux de solvabilité médian.

Compte tenu de leur impact potentiel, les promoteurs se doivent donc « d’examiner attentivement leur approche en matière d’investissements et de gouvernance », conclut la firme.

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