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Lacroix plaide coupable : vos réactions

22 septembre 2009 | Commenter

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Vincent Lacroix a pris tout le monde par surprise, lundi, au palais de justice de Montréal, lorsqu’il a plaidé coupable aux 200 accusations criminelles de fraude, fabrication de faux, recyclage des produits de la criminalité et complot portées contre lui.

Le juge Richard Wagner, de la Cour supérieure, lui a demandé s’il reconnaissait ainsi que la Couronne a prouvé la véracité des accusations portées contre lui, si son plaidoyer était volontaire et fait en toute connaissance de cause. À ces questions, l’ex-président de Norbourg a répondu « oui ».

« Mon client a décidé d’enregistrer un plaidoyer de culpabilité dans un effort de tourner la page et poursuivre sa vie », a-t-elle déclaré par la suite l’avocate de Lacroix, Me Marie-Hélène Giroux, en un point de presse.

La Couronne a aussitôt demandé l’incarcération immédiate de l’accusé, ce à quoi a consenti le juge Wagner. Me Giroux a toutefois demandé que son client soit protégé lors de sa détention à l’établissement Rivière-des-Prairies. « Mon client a eu des ennuis lors de sa dernière incarcération à Rivière-des-Prairies et on souhaite éviter ce type d’ennuis-là, donc on a demandé à ce qu’il soit mis en protection. »

Le magistrat a indiqué qu’il demanderait à ce que l’accusé soit placé dans des conditions d’isolement, notant que son pouvoir, dans un tel cas, se limitait à émettre des recommandations à l’établissement carcéral.

Le procureur de la Couronne, Me Serge Brodeur a expliqué que ce plaidoyer de culpabilité n’avait pas été obtenu en échange d’une sentence réduite. « Aucune suggestion commune ne sera faite quant  à l’imposition de la sentence, qui sera entendue vendredi de cette semaine, le 25 septembre », a-t-il déclaré. Me Brodeur s’est montré très prudent, refusant de répondre aux questions des médias à l’issue de sa brève déclaration.

Certaines des victimes de Vincent Lacroix estiment que l’ancien président de Norbourg cherchait d’abord et avant tout à protéger ses propres intérêts quand il a plaidé coupable, lundi matin au palais de justice de Montréal, aux 200 accusations qui pesaient contre lui.

Le juge Richard Wagner a aussitôt ordonné son incarcération immédiate.

Vos réactions
« À titre d’intervenant du milieu financier, je suis bien heureux de savoir qu’il plaide coupable.  Toutefois, j’aurais aimé que le processus se poursuive afin que la lumière soit faite sur tous les éléments de cette fraude. Plusieurs intervenants dans les organismes de surveillance ont fait preuve de laxisme voir d’aveuglement et je suis convaincu que des gens hauts placés dans ces structures sont impliqués dans ce dossier », écrit un Pl. Fin. de Brossard, dans la région de Montréal.

« J’espère que les démarches avec les coaccusés se dérouleront normalement pour avoir toutes ces réponses. Pour ce qui est de la sentence, je souhaite qu’elle soit exemplaire et puisse éventuellement faire peur aux fraudeurs en devenir », conclut-il.

« Il fallait s y attendre, a écrit un autre lecteur de Conseiller.ca, qui a souhaité lui aussi garder l’anonymat. Il [Lacroix] n avait pas intérêts a traîner trop longtemps devant les tribunaux, car les conservateurs s apprêtent à déposer un projet de loi beaucoup plus sévère contre les criminels.
Encore une fois, il l’aura eu facile », conclut-il.

D’anciens clients déçus
Pierre Gravel, qui a perdu au total 100 000 $ dans cette affaire, croit que Lacroix espère peut-être profiter de ce qu’il a appelé une « justice élastique et complaisante ».

«Il espère que sa peine ne sera pas trop longue, tous les investisseurs sont convaincus qu’il y a beaucoup d’argent caché quelque part », a-t-il lancé.

Jean-Guy Houle, dont les petites-filles Daphney et Abygail ont vu leur héritage de 200 000 $ s’envoler en fumée, s’est dit « abasourdi d’entendre une nouvelle pareille ».

« Je suis très, très déçu qu’il plaide coupable. C’est clair qu’il y a eu une entente entre les avocats en fin de semaine, a-t-il dit. C’est évident que Vincent Lacroix va y trouver son compte. Il va faire le sixième de sa peine et, dans sept ou huit ans, il va être au soleil avec l’argent des investisseurs. Il va profiter de nos biens jusqu’à notre mort. »

Même son de cloche du côté de Gilles Viel, dépouillé d’environ 275 000 $, qui aurait aimé que le procès aille de l’avant pour qu’on puisse tenter d’obtenir réponse aux nombreuses questions qui restent en suspens.

« Nous ne sommes pas surpris, c’est une stratégie qui permet à la société de ne pas entendre ce qu’on aurait pu entendre, a-t-il affirmé. Une chatte y perd ses petits, dans cette affaire-là. »

Pierre Gravel se réjouit quand même de constater qu’en ayant plaidé coupable, Vincent Lacroix « admet que ce qu’il a fait, il l’a fait de manière intentionnelle ». Si le procès avait eu lieu et que Lacroix avait été blanchi, poursuit-il, ça aurait pu être la goutte qui fait déborder le vase pour certains investisseurs floués.

« S’il s’en était sorti, j’ai l’impression qu’un membre du groupe aurait pu se faire justice lui-même, a prévenu M. Gravel. J’ai l’impression que ça aurait pu arriver facilement. »

M. Gravel compte maintenant continuer à se battre pour augmenter la protection dont jouissent les investisseurs. Il souhaite notamment la mise en place d’un nouveau mécanisme qui permettrait aux investisseurs de mieux se renseigner avant de confier leurs épargnes à quelqu’un.

Avec La Presse Canadienne

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