A A A
Lecture

L’altruisme comme étendard

15 décembre 2015 | Bruno Geoffroy | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer
Marjorie Carey

Marjorie Carey

Sereine et posée, Marjorie Carey défend ses causes à pas feutrés. À mots doux, presque. Que ce soit dans la lutte contre le cancer ou son aide à l’enfance, la générosité filtre de chacune de ses paroles.

En 2015, près de 35 000 Québécois ont participé à l’un des 94 Relais pour la vie, un événement communautaire et rassembleur mis sur pied par la Société canadienne du cancer à l’échelle du pays il y a 15 ans.

Qu’importent les conditions météorologiques, les « relayeurs de la vie » ont marché de nuit pendant douze heures à la fin mai partout dans la province. Marjorie Carey en était.

« Mon Relais pour la vie 2015, je l’ai fait sous la pluie du côté de Brossard », se rappelle la conseillère en sécurité financière et représentante en épargne collective à Services financiers BMA.

Une façon d’unir ses efforts à ceux des autres marcheurs pour lutter contre le cancer, rendre hommage aux malades et célébrer la vie. Elle n’en est pas à sa première participation. En 2012, elle plongeait pour la première fois dans le Relais pour la vie grâce à sa sœur.

Son engagement trouve ses racines dans son vécu. « J’ai vu beaucoup de gens autour de moi souffrir et décéder de la maladie. Leurs souffrances et l’épreuve de leur chimiothérapie me restent en mémoire. »

En réaction, elle choisit de passer à l’action. « J’apporte mon aide et mon soutien à la cause aujourd’hui pour que la recherche progresse. Peut-être qu’un jour, mes proches ou moi serons atteints d’un cancer et pourrons profiter des avancées médicales. » Donner maintenant pour recevoir ensuite.

Depuis deux ans, elle agit à titre de chef d’équipe de Relais pour la vie. « Je sollicite mes collègues et mes amis pour faire partie de l’aventure et pour ramasser des dons. Mon rôle actuel est simple : j’organise, j’anime le groupe, j’assure le suivi des dons et… je marche, bien sûr. » Cette année, son équipe d’une dizaine de personnes a recueilli 1 245 $.

« J’aime l’idée que l’on peut faire une différence dans sa communauté avec des petits pas. C’est important de s’impliquer, d’aider si on peut le faire. » Des petits pas qui ont des allures de foulées de géant à l’échelle de la province : près de 12,2 millions de dollars ont été amassés en dons en 2015 (103 millions depuis la première édition en 2011).

L’ENTRAIDE À PORTÉE DE MAIN

Mère de deux enfants, Marjorie Carey vit sa trentaine joyeuse armée d’une certitude. La transmission des valeurs de solidarité passe par l’exemple. D’une génération à l’autre. Ses enfants ont bien compris que s’impliquer peut faire une différence dans la vie. Celles des autres et la leur. Entre fierté et prise de conscience.

Si elle sait déjà qu’elle participera au Relais 2016, son implication bénévole ne s’arrête pas là. Plus localement, elle intervient dans l’école primaire de ses deux enfants.

« Sous l’impulsion du directeur de l’école, cinq à six parents se sont regroupés pour collecter des fonds afin de financer la construction d’une scène de spectacle. Pour y arriver, nous avons organisé un souper spaghetti cette année », explique-t-elle.

C’était sa première fois à l’organisation d’un tel événement. « Un travail d’équipe enrichissant », glisse-t-elle. Du concret pour les enfants en ligne de mire qui comporte tout de même son lot d’obstacles. « L’un des défis liés à l’organisation d’un souper spaghetti, c’est de solliciter des contributions de commanditaires locaux. »

Rien qui ne puisse entamer l’entrain de Mme Carey. « Donner à des enfants, parfois dans le besoin, la chance de vivre une expérience extraordinaire sur une scène de spectacle de leur école, c’est leur offrir la possibilité de construire et d’améliorer leur estime de soi. »

« Même si nous faisons la différence dans la vie d’un seul enfant, ce sera déjà beaucoup. Nous aurons réussi notre mission. » Des petits pas qui comptent.

Marjorie Carey

ADMIRE… Danièle Henkel pour sa rigueur et sa détermination;
Caroline Néron pour son côté philanthrope;
Julie Gagné pour son authenticité (chef de l’entreprise Sani-Éco).

DÉPLORE… l’individualisme. « Souvent, nous restons trop centrés sur nous-mêmes. Nous ne nous sentons pas interpellés par la lutte contre une maladie ou ne sommes pas prêts à défendre une cause. Pourtant, si chacun s’implique à son niveau, notre société deviendra meilleure. »

AIMERAIT QUE… chacun d’entre nous transmette aux générations futures des valeurs d’implication sociale et d’entraide.

MÉDITE SOUVENT CETTE PHRASE… Deux, en fait !
« Quand on veut quelque chose, on trouve du temps. Quand on ne veut pas, on trouve une excuse. »
« Ce ne sont pas vos aptitudes, mais votre attitude qui déterminera votre altitude. »


• Ce texte est paru dans l’édition de décembre 2015 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
.

Loading comments, please wait.
Rogers médias numériques