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L’AMF exige une peine minimale de 15 ans pour Vincent Lacroix

17 décembre 2007 | Commenter

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Lors du procès de Vincent Lacroix, ancien PDG de Norbourg, l’Autorité des marchés financiers(AMF)a réclamé une peine d’au moins 15 ans de prison et une amende de 250 000 $. Mardi, Vincent Lacroix a été reconnu coupable de 51 chefs d’accusation en contravention de la Loi sur les valeurs mobilières. Il connaîtra sa sentence le 28 janvier prochain.

Vendredi, Vincent Lacroix s’est finalement excusé officiellement aux quelque 9 200 investisseurs floués de 115 millions de dollars par Norbourg. Il s’est aussi excusé auprès de tous les employés de la société et des représentants qui travaillaient pour lui.

Lacroix a nié avoir essayé de s’enrichir personnellement, mais déclare avoir voulu cacher des pertes d’argent. Il plaide l’immaturité, les erreurs de jeunesse et les problèmes d’alcool. Selon lui, une première erreur de jeunesse aurait été d’accepter le contrat avec le Mouvement Desjardins pour des fonds risqués. Il a dit que les problèmes ont commencé quand il a voulu camoufler des pertes de 5 millions de dollars, à partir du « système de vases communicants ».

Sa deuxième erreur aurait été d’embaucher les représentants, pas tous compétents, de Maxima Capital, achetée en 2001. Il leur aurait aussi versé des sommes « assez importantes » d’argent.

Le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, a répondu ne pas comprendre comment cette « gestion de rattrapage » aurait pu entraîner, en cinq ans, 115 millions de dollars en moins dans les comptes des investisseurs. Vincent Lacroix s’emmêle dans ses explications, mais précise que l’achat des fonds Évolution en 2003 de la Caisse de dépôt et placement l’aurait achevé.

Jeudi, Lacroix a tenté de convaincre le juge qu’il mérite une peine clémente puisqu’il a pleinement collaboré avec la police et l’AMF dans le cadre de l’enquête.

Il a aussi déclaré n’avoir qu’une responsabilité partielle dans certaines pratiques frauduleuses de Norbourg. Notamment, selon lui, c’est Éric Asselin, son ancien vice-président aux finances, qui aurait trafiqué les états financiers en 2002. Lacroix déclare que dès son arrivée, M. Asselin a immédiatement voulu se faire payer 120 000 $ sous la table.

Lacroix affirme que M. Asselin, celui qui a révélé le scandale à la GRC, avait produit les faux documents afin d’éviter la fermeture de Norbourg. Dans la transaction de Capital Teraxis, Vincent Lacroix soutient qu’en 2002, Éric Asselin a fait de fausses factures pour ne pas payer un million de dollars de TPS et de TVQ. « J’ai été mis devant un fait accompli », déclare-t-il.

L’avocat de l’AMF, Me Éric Downs, critique: « M. Lacroix a démontré une fois de plus qu’il est un manipulateur, qu’il est irrécupérable et sans remord. Même après le verdict de culpabilité, il hésite à reconnaître directement sa responsabilité. » Pour Me Downs, Vincent Lacroix veut faire passer la faute sur tous sauf lui : le gouvernement, la Caisse de dépôt, l’AMF, etc.

Il a réclamé pour Vincent Lacroix une peine assez sévère afin de dissuader les autres de faire la même chose. L’ex-PDG de Norbourg est passible de cinq ans de prison et d’une amende de 5 millions de dollars pour chacun des 51 chefs d’accusation retenus contre lui.

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