A A A
Affaires

Lancer son propre fonds d’investissement?

5 avril 2018 | La rédaction | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

gestionnaire-stress-travail-equipe-pression_425x283La société montréalaise Majestic propose « une solution simple et innovatrice » destinée à permettre aux intervenants du milieu de « structurer, lancer et gérer leurs propres fonds ». Conseiller a voulu en savoir plus à ce sujet en interrogeant David Bilodeau, l’un de ses deux cofondateurs.

Cochef de la direction et chef des placements, ce spécialiste en produits dérivés explique que la plateforme qu’il a cofondée « agit comme facilitateur d’affaires » auprès des personnes ou des entités désirant lancer ou gérer un fonds d’investissement. Autrement dit, résume-t-il, Majestic leur permet d’échapper au « lourd fardeau opérationnel, administratif et réglementaire » que représente la création et la gestion d’une telle structure (voir l’encadré), leur offrant ainsi « un accès privilégié à cette industrie ».

Alors qu’à ses débuts dans le secteur, en 2010, la firme représentait environ 15 millions de dollars d’actifs sous gestion, elle gère et possède aujourd’hui une vingtaine de fonds au Québec, pour un montant total de 330 millions.

Conseiller : Que proposez-vous aux conseillers en placement et aux gestionnaires de portefeuille?

David Bilodeau : Nous leur offrons la possibilité de gérer un fonds d’investissement sans forcément posséder la licence de gestionnaire de fonds d’investissement (GFI, voir l’encadré) et nous offrons aux clients en général la possibilité de se greffer à notre infrastructure actuelle. Cette solution est économique et simple pour une firme qui ne détient pas l’expertise ni la licence GFI pour structurer et administrer un fonds. Le client rejoint alors notre plateforme et profite ainsi des économies d’échelles déjà en place auprès des fournisseurs de services (vérificateur, administrateur, avocat, fiduciaire, courtiers, etc.). Du même coup, il évite un lourd fardeau en conformité, ce qui lui permet de concentrer ses énergies (en temps et en argent) vers la gestion de portefeuille plutôt que vers la gestion des opérations.

Un point important qu’il faut mentionner, c’est que notre infrastructure offre un accès à FundServ, qui est une sorte de Bourse électronique où sont échangés des fonds privés, des fonds communs. Cela veut dire que tous les fonds que nous structurons pour nos clients sont accessibles via ce système en ligne, qui permet la transmission continue des transactions, et qu’ils peuvent donc être distribués partout à travers le Canada, notamment auprès de maisons de courtage, de firmes de conseils et de placement ou encore de conseillers en services financiers ou planificateurs financiers. Pour le gestionnaire de portefeuille, cette formule est intéressante puisqu’elle lui offre d’une part une possibilité de distribution sur tout le territoire canadien et, d’autre part, une bonne visibilité sur le marché.

C : En quoi est-ce avantageux pour les professionnels du secteur?

DB : En ce qui concerne le fonds d’investissement, cela leur permet de payer moins cher pour les services offerts par différents fournisseurs (vérificateur, administrateur du fonds, fiduciaire, courtiers, conseils juridiques, etc.). Dans l’ensemble, notre infrastructure permet de réaliser des économies allant de 40 % à 90 % par rapport à la tarification standard de certains prestataires de services. Ainsi, un particulier qui voudrait lancer un fonds et accéder à FundServ devra payer 18 000 dollars par an, tandis que nous lui en offrons l’accès pour seulement 1 000 dollars, ce qui représente plus de 90 % de rabais. Donc, déjà en partant, la personne réalisera une économie substantielle de 17 000 dollars.

Autre exemple, en ce qui concerne nos vérificateurs KPMG : nous faisons effectuer des vérifications de fonds pour un montant de 5 000 ou 6 000 dollars par an alors que le tarif standard pour une personne de l’extérieur se situe entre 15 000 et 18 000 dollars, voire davantage. Nous bénéficions de ces tarifs préférentiels parce que plusieurs fournisseurs ont embarqué dans notre modèle d’affaires et ont été d’accord pour nous donner un coup de main pour le démarrage. Au début, nous sommes arrivés avec des frais très bas, ce qui nous a permis de structurer des fonds pour un client, puis un deuxième, puis un troisième et ainsi de suite, et aujourd’hui nous avons un bon volume et les fournisseurs sont satisfaits des revenus que notre business de fonds leur rapporte.

C : Il s’agit donc en quelque sorte d’une « location de services »?

DB : À première vue, cette formule ressemble à un scénario de type « location » comparativement à « achat ». Mais en réalité cette analogie est boîteuse, car la location peut sous-entendre des frais cumulatifs plus élevés à long terme alors que notre proposition, elle, prévoit des économies pour toute la durée du partenariat. En fin de compte, je le répète, ce système donne l’occasion au client de bâtir une équipe centrée sur la gestion de portefeuille plutôt que sur l’administration. Il s’agit donc d’une sorte de délégation de responsabilités.

Dans le cas d’une voiture qui serait louée, par exemple, l’utilisateur va payer une prime pour pouvoir se départir du contrat au terme de la location. En général, il est plus avantageux de payer comptant sa propre auto, surtout si on planifie de la conserver sept ou huit ans. Dans notre cas, il s’agit de sous-traitance de responsabilité; il y a des économies qui sont faites le jour un, et l’année deux, puis l’année trois, l’année quatre et ainsi de suite. Autrement dit, le partenaire qui se joint à nous pour structurer un fonds ne sera pas pénalisé à long terme, contrairement à ce qui passe avec une location de voiture, pour reprendre cet exemple. A priori, un client potentiel pourrait penser que ça va peut-être lui éviter de payer certains frais au début mais que, à long terme, ça lui reviendra finalement plus cher. Or, avec notre système, ce n’est justement pas ce qui se passe et l’économie réalisée au début perdure tout au long du contrat.

C : Vous affirmez que votre « solution clé en main » est innovatrice dans l’industrie…

DB : En effet, nous avons innové. Il est certain qu’ailleurs dans le monde il existe des compagnies comme la nôtre, on n’a pas réinventé la roue! Au Canada, cependant, nous n’avons pas vraiment de concurrents et, à ma connaissance, aucune autre firme que Majestic ne se dit prête à offrir ce genre de services. En revanche, il est vrai qu’il en existe une à Toronto, Spartan, qui propose également une sorte de partenariat pouvant ressembler à ce que nous faisons. Mais selon les informations dont je dispose, il s’agit d’un partenariat très différent de ce que nous offrons à nos clients.

C : Cette formule s’adresse-t-elle aux professionnels ou bien est-elle aussi accessible aux particuliers?

DB : Seuls les professionnels du secteur sont concernés. En effet, pour conclure un partenariat avec nous, un particulier devrait au préalable avoir suivi les cours nécessaires et être inscrit auprès d’un organisme réglementaire, comme l’AMF ou l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières, entre autres. Notre plateforme s’adresse aux firmes d’investissement inscrites travaillant avec des comptes gérés, aux gestionnaires de fonds d’investissement, aux courtiers, courtiers en épargne collective ou courtiers sur le marché dispensé ainsi qu’à certains conseillers en services financiers ou planificateurs financiers, à condition que leur clientèle respecte les critères d’admissibilité afin d’investir dans leur propre fonds.

C : À partir de quel montant un conseiller en placement ou un gestionnaire de portefeuille peut-il utiliser vos services?

DB : Nous sommes flexibles, tout dépend du conseiller ou du gestionnaire, car celui-ci peut adapter ses frais de gestion et les diminuer en fonction de ses frais d’administration. À titre indicatif, notre plus petit fonds est de deux millions de dollars. Même si l’actif peut varier lors du lancement, nous préférons cependant suggérer une masse d’actifs de cinq millions comme seuil minimal pour être compétitif sur le marché.

« Lancer un fonds d’investissement est complexe »

Une firme de gestion qui désire mettre en place un fonds d’investissement doit préalablement avoir obtenu auprès des autorités réglementaires, comme l’Autorité des marchés financiers, la licence de gestionnaire de fonds d’investissement (GFI). Ensuite, pour gérer le portefeuille du fonds, elle doit posséder la licence de gestionnaire de portefeuille (GP). Autrement dit, il lui faut deux licences pour qu’elle puisse gérer le fonds. Le nombre et le type de licence nécessaire ont un impact important sur le degré de conformité de la firme (« souvent un lourd fardeau », selon David Bilodeau) et sur les inspections menées par les autorités réglementaires. « Dans l’industrie, la licence GP est la plus commune, tandis que celle de GFI est plus complexe en termes de conformité », explique le dirigeant.

INSCRITE AUPRÈS DE L’AMF

Majestic offre son infrastructure, ainsi qu’un accès à sa licence de GFI, via sa plateforme de fonds. Elle effectue les tâches en lien avec la licence de GFI (structure, gère les fonds, supervise les risques et la gestion de portefeuille), pendant que ses clients (gestionnaires de portefeuille) s’occupent des fonctions liées à la licence de GP (gestion de portefeuille, c’est-à-dire sélection des titres, achat, vente, etc.).

La firme est inscrite auprès de la National Futures Association en tant que Commodity Trading Advisor (CTA), auprès de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario comme gestionnaire de fonds, courtier sur le marché dispensé et directeur des placements sur produits dérivés et auprès de l’AMF à titre de gestionnaire de fonds, courtier sur le marché dispensé et gestionnaire de portefeuille (actions et dérivés).

Source : Majestic.

Chargement des commentaires en cours, veuillez patienter.
Médias Transcontinental S.E.N.C. Un site de TC Media,
Solutions Affaires
Médias Transcontinental S.E.N.C.
1100 boul. René-Lévesque O.
Montréal, QC H3B 4X9
(514) 392-9000